Le Mont en 1900 (fond Tony, archives de Strasbourg). Image colorisée par l'IA

Le Mont Sainte-Odile figure parmi les lieux essentiels du patrimoine alsacien. Une revue de presse de journaux du XIXe siècle nous fera découvrir des aspects et détails méconnus de son histoire Prêts, prêtes ?

Chroniques des visites souveraines

De la révolution industrielle sous Napoléon III aux fastes impériaux de Guillaume II, les archives de l'époque nous plongent dans les coulisses de deux visites historiques qui ont marqué le territoire alsacien.

16 juin 1857

La Grande-duchesse Stéphanie célèbre l’industrie à Guebwiller en juin 1857

C’est une véritable « fête improvisée » qu’a vécue la ville de Guebwiller le vendredi 19 juin 1857. La Grande-duchesse Stéphanie de BADE cousine de l’empereur Napoléon III et fille adoptive de Napoléon Bonaparte, y a fait une halte remarquée lors d'un séjour de huit jours en Alsace.

Arrivée dès le 15 juin en gare de Strasbourg par un train extraordinaire à 17h45, Son Altesse Impériale avait établi ses quartiers au château d’Osthausen, chez M. ZORN de Bulach. Son périple l’a menée du Klingenthal à la montagne de Sainte-Odile, avant de consacrer une journée entière à l'excellence manufacturière du Florival.

À Guebwiller, reçue chez Nicolas SCHLUMBERGER, la souveraine a surpris les capitaines d'industrie par sa finesse technique. Elle a visité longuement les fonderies, les ateliers de construction de machines et les filatures de coton utilisant le système Jacquard. Les fabricants se sont dits « étonnés de la facilité avec laquelle S.A.I. s’est mise au courant des travaux manufacturiers les plus compliqués ». Avant de repartir par train spécial à 20 heures, elle a également tenu à féliciter le curé de Lautenbach pour ses institutions de bienfaisance.

8 juillet 1857

Le prince Albert de Saxe (1875-1900)

Strasbourg, 7 juin. Comme le rapporte l'Elsässer, le Prince Albert de Saxe est arrivé ici hier en visite, en tant qu'invité de l'évêque Dr. FRITZEN (1). L'après-midi, ces messieurs se sont rendus au Mont Sainte-Odile (Odilienberg). L'Association des Meuniers Allemands, réunie ici avec la participation de 250 membres, s'est prononcée à l'unanimité contre la motion Kanitz, jugée inapplicable et préjudiciable à la meunerie. Ont pris part au débat : Gessner-Delde, Meyer-Hameln, Grobe-Schönungen et Schäfer-Mainz, qui se sont tous exprimés contre la motion Kanitz. Kingsland-Smith (Minneapolis) a salué l'assemblée au nom des meuniers américains (2).

Fastes et traditions, l'empereur en terre de légende

Journal Lothringer Zeitung und amtliche Nachrichten

Rosheim, 31 mai 1899. Voici la traduction du texte en français : « Notre charmante petite ville, avec ses tours de portes médiévales, a fait une excellente impression sur l'Empereur ; il a particulièrement apprécié l'église Saints-Pierre-et-Paul, qui est, comme on le sait, l'une des églises les plus belles et les mieux conservées de l'époque romane. Face au Statthalter (gouverneur), l'Empereur a encore déclaré sur le Mont Sainte-Odile : "C'est vraiment une charmante petite commune où je suis descendu ; elle possède une église romane du plus haut intérêt" ».

Cour des tilleuls en 1902 (Fond Blumer, archives de Strasbourg)

À Strasbourg, l'Empereur a ensuite exprimé le souhait d'obtenir des clichés photographiques de l'église. À l'initiative du directeur d'arrondissement Swiersen, un monsieur de Fribourg a depuis lors réalisé des prises de vues de l'église et de différents détails de celle-ci, ainsi que de plusieurs maisons anciennes remarquables, dont celle qui aurait servi de pavillon de chasse à Charlemagne, etc.

Ces photographies sont parfaitement réussies et d'une exécution extrêmement soignée. La ville de Rosheim a prié l'Empereur d'accepter ces images comme feuillets commémoratifs, lesquels doivent lui être remis dans un album à la décoration artistique. « Monsieur le photographe de la Cour Jacobi a reçu, selon une lettre du 30 avril 1899 de la part de Son Excellence v. Plessen, aide de camp de l'Empereur et commandant du quartier général impérial, la nouvelle que Sa Majesté l'Empereur a eu la grâce d'ordonner, cette année encore, à Monsieur Jacobi de se rendre aux manœuvres impériales (Kaisermanöver). De plus, Monsieur le photographe de la Cour Jacobi a eu l'honneur, le 3 de ce mois, de pouvoir effectuer des prises de vue en Alsace, au Mont Sainte-Odile, en présence des Très Hautes Personnalités dont la famille impériale ».

Le texte date du 6 mai 1899. Il fait référence au photographe Charles (Karl) JACOBI, qui était le photographe officiel de la cour de l'empereur Guillaume II.

Changement de décor et d'époque : août 1902 avec la visite de l’Empereur (Guillaume II) à Odilienberg (Ste-Odile) via Obernai

Le protocole se fait plus solennel et religieux. Arrivé dès 4 heures du matin au Mont Sainte-Odile, le souverain a été accueilli selon la « coutume traditionnelle » par son Éminence le prince-évêque de Grison. Après une procession solennelle à travers l’église, il a quitté les lieux à 7h10 sous les acclamations d'une foule immense.

Guillaume II

Le passage à Obernai reste le moment fort de cette tournée. La cité s'était métamorphosée pour l'occasion, parée de triomphe. Chaque maison, même dans les quartiers les plus pauvres, était richement décorée de guirlandes de sapin, de feuillages et de drapeaux. Un arc de triomphe monumental accueillait le visiteur avec l'inscription : « Unserm Kaiser und seinem Hause willkommen » (Bienvenue à notre empereur et à sa maison). Un second arc, situé à la porte de la ville, portait le nom de « Oberkirch ». Le maire Heinrich Gierlich et les autorités locales ont pris place sur une grande tribune érigée sur la place principale pour saluer le cortège.

La journée s’est conclue à Strasbourg, sur la place Kléber. Malgré une pluie battante, une foule immense s'était rassemblée pour célébrer l'arrivée du souverain en fin d'après-midi, clôturant ce voyage officiel par des chants et des acclamations enthousiastes.

Arrivée du Kaiser à Strasbourg en 1899

Extrait de la gazette de Lorraine du 13 août 1902. Pour sa deuxième visite, l'empereur profite de plus de 3 heures de visite : « Le Prince héritier est arrivé ici cet après-midi à 14h15, environ une heure plus tôt que prévu, et a été accueilli amicalement par les clients qui s'étaient également déplacés des environs, comme en d'autres lieux. Le temps était sombre et pluvieux à l'arrivée de la petite société de voyage, mais s'est ensuite éclairci, de sorte qu'une belle vue sur les forêts de la vallée du Rhin s'est offerte plus tard aux messieurs après qu'ils eurent pris une légère collation.

La colonie de vacances strasbourgeoise, qui séjourne actuellement ici, a préparé au Prince un hommage modeste ; l'une des jeunes filles lui a récité un poème de bienvenue, ce à quoi il a répondu par de chaleureux remerciements. Le séjour a duré plus de 3 heures et a été mis à profit pour inspecter les curiosités de la montagne légendaire, le monastère lui-même, son musée, la source Sainte-Odile et enfin le mur païen (Heidenmauer) grisonant de vieillesse.

Pèlerins, cour des tilleuls en 1902 (fond Blumer, archives de Strasbourg)

Ce faisant, le même chemin que celui emprunté par l'Empereur lors de sa visite il y a 3 ans en 1899 a été suivi. Le Prince héritier s'est également fait présenter les Sœurs, qu'il a remerciées chaleureusement pour l'accueil qui lui a été préparé. En contrebas du monastère, les voitures ont été montées vers 5 heures, emmenant les voyageurs dans une course rapide à travers la magnifique forêt de sapins vers Hohwald, où ils sont descendus chez le secrétaire d'État v. Köller dans sa maison de campagne. Le Prince héritier y passe la nuit ; sa suite loge à l'Hôtel Kuntz. Demain, le voyage se poursuit vers le Haut-Koenigsbourg et Ribeauvillé ».

Gustave Brion, Les pèlerins de Ste-Odile, 1863, Musée Unterlinden

Les conséquences

Après l'aménagement des accès routiers au mont et les visites remarquées de personnalités citées ci-dessus, le mont Ste-Odile deviendra un centre d'attraction, de pèlerinage et de destination particulièrement prisé, spécialement durant les grandes fêtes de printemps. Des trains spéciaux seront affrêtés en départ de Strasbourg. Pour les régionaux, la montée à pied deviendra une destination coutumière. 

Pèlerins dans la cour des tilleuls en 1902 (Fond BLUMER, archives de Strasbourg)

François Louis CROMER, un habitant pieux de Stotzheim entrepris enthousiaste, avec quelques autres habitants, à pied, le pèlerinage vivifiant pour célébrer la Noël du jeudi 1895 au couvent. Au retour de leur pélégrination, en redescendant paisiblement le flan de la montagne flanqué des chemins sinueux de la colline et des sapinières, ils savourèrent, ce jour béni, la merveilleuse vue dégagée, lorsqu'un des compagnon de randonnée s'exclama : « Louis, bi der brands ! » (Louis, il y a le feu chez toi !).

La vue sur le village de Stotzheim, en ce jour d'hiver, était claire et dégagée. Le petit groupe entrevit stupéfait les volutes d'un incendie dans le quartier près du cimetière où vivait Louis. Une colonne de fumée montait droite au ciel et durant tout le voyage du retour, Louis se rongea les intestins. Arrivé chez lui, il constata avec grand soulagement que le feu avait pris dans une demeure derrière la sienne. Plus de peur que de mal ? mais non ! Le choc émotionnel lui causa une telle jaunisse qu'elle l'emportera quelques jours plus-tard, le 27 janvier 1836 à 59 ans. Il laissera, une épouse inconsolable et un fils fraîchement rentré du service militaire.

Sainte Odile, parait-il, guérit les yeux qui ne voient pas, mais malheureusement, pas ceux qui voient ...

Emanuel Friedrich IMLIN, Le Mont Sainte-Odile, 1818. Au premier plan, le mur païen idéalisé

Les premiers faits divers

1828

Extrait du journal Courrier d'Alsace de 1847

À peu près à la même époque a eu lieu un incident d'une toute autre nature, et qui nous ramène un moment encore sur le petit plateau de Hohenbourg, où je vous ai arrêté bien longtemps, il y a quelques semaines. Que serait-ce, si j'avais mes coudées franches ; car les privilèges impériaux, conférés au couvent de Sainte-Odile, et les actes de propriété quelquefois très-curieux qui ont trait à cet asile de Herrade de Landsperg abondent dans notre dépôt. À présent je veux seulement rappeler la visite que fit au monastère de la montagne celtique, en mai 1354, l'empereur Charles IV. Cette tournée dans la saison des fleurs était toute intéressée, bien différente de celle que Frédéric Barberousse avait faite en plein hiver, à travers neige et glace, sur les mêmes hauteurs. Charles IV, dans un but égoïste, auquel je ne trouve aucune excuse, fit ouvrir le sépulcre de Sainte Odile, enleva l'avant-bras droit de la sainte, et fit transporter cette relique dans l'une des églises de sa résidence favorite de Prague. Un document de notre fonds épiscopal constate cet acte, ou plutôt cette spoliation, pour nommer la chose par son vrai nom. C'est une espèce de procès-verbal solennel, dressé à cette occasion, « en présence de Jean de Lichtenberg, évêque de Strasbourg, et de Jean, évêque d'Ollmütz, d'Agnèse abbesse de Hohenbourg, et d'une foule de prélats et de personnes ecclésiastiques et dévotes ».

La violation du sépulcre eut lieu avec le consentement de l'abbesse, le 4 mai 1354 ; la rédaction de l'acte est du 8 du même mois, datée de Schlestadt, et signée par le chancelier impérial, Rodolphe de Friedeberg. Défense est faite, sous peine d'excommunication, de rouvrir la tombe et d'emporter quelque fragment des membres de la sainte, dont le corps avait été trouvé intact.

C'était, à mon sens, une inqualifiable impudence que cette interdiction émanant du spoliateur lui-même ; mais rien ne doit étonner de la part d'un prince qui avait acheté la couronne impériale à prix d'or, empoisonné son noble et généreux antagoniste, Günther de Schwarzbourg, épousé une princesse palatine uniquement pour se rendre favorable un des grands dignitaires de l'Empire, vendu à l'encan les grandes charges et les lettres de noblesse, violé toutes les promesses faites aux grands et aux petits, trompé, en Italie, les blancs et les noirs, les Guelphes et les Gibelins, engagé les biens domaniaux de l'Empire, et fermé l'oreille aux cris jetés par les Juifs que l'on massacrait impunément sur tous les points de la Germanie. Pour arriver au mont Saint-Odile, n'avait-il pas, en traversant Strasbourg, côtoyé le cimetière encore fumant des Israélites de Strasbourg ? Et cependant il était ou se disait le fils du chevaleresque Jean de Luxembourg, qui mourut si noblement pour la France sur le champ de bataille de Crécy ; mais Charles IV était aussi, et bien certainement, le père de l'ivrogne Wenceslas.

D'un mauvais empereur à un évêque mal famé il n'y a qu'un pas, quoique Charles IV et Guillaume de Diest soient séparés par une vingtaine d'années.

 

1852, le détachement de l'armée

 

1852, à Barr, un détachement d’artillerie de la garnison de Strasbourg, traînant à sa suite un équipage de pont d’un nouveau système récemment adopté, est arrivé ces jours derniers pour compléter des épreuves de locomotion prescrites par le ministre de la Guerre. Ce détachement est commandé par un officier supérieur et deux capitaines.

Afin de rendre les expériences aussi décisives que possible, ces militaires recherchent de préférence les contrées les plus abruptes de nos montagnes, qu’on ne peut atteindre que par des chemins rocailleux, mal entretenus, qui ont été établis sans aucune notion de pente et de direction, et qu’ils se proposent de franchir jusqu’au sommet des crêtes les plus élevées, avec des voitures traînées par six chevaux et pesamment chargées de madriers de pont.

Le convoi est parti mardi pour se rendre aux environs du Champ-du-Feu, et jeudi prochain il compte aller jusqu’au plateau du mont Sainte-Odile.

Ste Odile en 1902 (fond Blumer, archives de Strasbourg), colorisé par l'IA

13 août 1898, la rixe

Une rixe entre les cochers qui desservent la montée au Sainte Odile, dimanche, a fini avec des nez en sang. Une dame de Strasbourg qui a observé la scène a vaillamment participé avec son parapluie.

Jeudi dernier, sous une salve de tirs de fusils a été inaugurée la pompe à moteur de Mr MEUNIER de Rosheim qui remonte l'eau de la source de Sainte Odile jusque dans un bassin des bâtiments. La pompe a mis neuf heures pour monter l'eau des 800 mètres de déclivité jusqu'au sommet. L'eau qui monte au Sainte Odile encourage les pèlerins alsaciens à faire de même. Un canal d'assainissement de 350 mètres déverse maintenant les eaux usagées de l'abbaye, 100 mètres en contre-bas des bâtiments.

15 avril 1886, le projet du chemin de fer à crémaillère

Barr, 15 avril, Strasburger Nachrichten. Les Strasbourgeois aiment se rendre en pèlerinage au Mont Sainte-Odile le lundi de Pentecôte. Pour beaucoup, la montée s'est avérée pénible lorsqu'ils arrivaient au sommet, trempés de sueur. D'autres sont assez fatigués et n'ont plus envie de visiter les plus beaux points de vue sur le Wachstein, le Schafstein et le kiosque de l'Elsberg. Un chemin de fer à crémaillère serait certainement le bienvenu.

Dans l'édition de 1841 du Wandernde Jugendfreund (L'Ami itinérant de la jeunesse) publié à Zurich, on racontait comme une chose remarquable que le mont Rigi avait été gravi par 2 296 personnes l'année précédente. En 1880, après l'amélioration des chemins et de l'hôtellerie, on comptait sur les trois chemins de fer du Rigi, en un seul été : 129 543 touristes, 439 860 kilogrammes de bagages, 1 150 980 kilogrammes de marchandises et une recette de 636 610 francs.

La Bibliothèque du touriste zurichois, publiée par les éditions Orell & Füssli et à laquelle nous empruntons ces chiffres, ajoute en complément que les bateaux à vapeur de Lucerne ont transporté 742 175 personnes en une année. Des frères SCHREIBER, qui possèdent deux magnifiques auberges de 750 lits au Rigi-Kulm et au Rigi-Staffel, jusqu'aux enfants qui vendent des petits bouquets d'edelweiss pour 4 à 8 sous, quelle série de sources de revenus ! Le Maennelstein a exactement la même hauteur que l'Uetliberg près de Zurich, lequel possède depuis longtemps son chemin de fer à crémaillère.

1899, vers un chemin de fer de montagne ?

Comme l'apprend l’Elsässer Journal de source sûre, une société par actions s'est constituée pour la construction de chemins de fer de montagne dans les Vosges alsaciennes. La construction de deux chemins de fer à crémaillère est prévue :

  • l'un allant de Gebweiler [Guebwiller], en Haute-Alsace, jusqu'au Großer Belchen [Grand Ballon] (sommet le plus élevé des Vosges, 1426 mètres)
  • l'autre d’Oberehnheim [Obernai] ou Rosheim vers le célèbre lieu de pèlerinage et point de vue du Mont Sainte-Odile

Le désenclavement des Vosges pour de plus larges cercles de touristes sera puissamment favorisé par la construction de ces lignes.

1924, l'armée de lapins et lièvres

Le Journal agricole écrit :

Sans commentaires !

(1) L'Évêque Adolphe Fritzen (1838-1919)

  • L'homme qui reçoit le Prince Albert de Saxe en juin 1895 est une figure centrale de l'Alsace allemande
  • Origine : Allemand de Westphalie, il est nommé évêque de Strasbourg en 1891 par les autorités impériales
  • Rôle diplomatique : Sa mission était de favoriser l'intégration des catholiques alsaciens à l'Empire allemand tout en maintenant de bonnes relations avec le Vatican
  • Le Mont Sainte-Odile : En recevant le Prince pour une excursion à l'Odilienberg, il lui fait découvrir le cœur spirituel de l'Alsace, dont il a supervisé la restauration
  • Le contexte politique de la visite :
    • La présence du Prince Albert à Strasbourg et à l'Odilienberg en 1895 n'est pas qu'une simple excursion touristique :
    • Affirmation de la souveraineté : Les visites de membres des familles royales allemandes (Saxe, Prusse, Bavière) servaient à marquer l'appartenance de l'Alsace-Lorraine au Reich
    • La Motion Kanitz : Le journal mentionne en parallèle un débat sur la "motion Kanitz". Il s'agissait d'un projet de loi visant à ce que l'État achète et vende tout le blé importé pour soutenir les prix agricoles. Le fait que les meuniers réunis à Strasbourg s'y opposent montre les tensions économiques de l'époque entre protectionnisme et libre-échange
    • Lien avec le Kaiser : Ces visites préparaient le terrain pour les venues plus officielles de l'Empereur Guillaume II, comme celle de 1899 à Rosheim évoquée dans votre premier document 

(2) Le Prince Albert de Saxe mentionné lors de sa visite en Alsace en juin 1895 est le fils du futur roi Georges Ier de Saxe. Voici les détails clés sur son identité et sa vie :

  • Identité et famille :
    • Nom complet : Albert Karl Anton Ludwig Wilhelm Viktor de Saxe
    • Naissance : Né le 25 février 1875 à Dresde
    • Parenté : Il était le quatrième fils et le plus jeune des huit enfants du roi Georges Ier de Saxe et de Marie-Anne de Portugal
    • Fratrie : Il était notamment le frère du dernier roi de Saxe, Frédéric-Auguste III
  • Carrière et visite en Alsace :
    • Profession : Il servait comme officier dans l'armée saxonne
    • Visite de 1895 : Le 6 juin 1895, il arrive à Strasbourg en tant qu'invité de l'évêque Adolphe Fritzen. Le lendemain, il se rend en excursion au Mont Sainte-Odile (Odilienberg)
  • Décès prématuré :
    • Il est mort prématurément le 16 septembre 1900, à l'âge de 25 ans. Il est décédé des suites d'un accident de voiture à Wolkau. Son attelage a été violemment percuté par un phaéton conduit par Miguel de Bragança, provoquant le renversement du véhicule dans un fossé
    • Il est enterré dans la cathédrale de la Sainte-Trinité à Dresde.
  • Il ne doit pas être confondu avec le célèbre Prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, époux de la reine Victoria, décédé bien plus tôt en 1861

Source : Gallica

Un peu d'histoire

De Valva à Valff, c’est tout d’abord un livre. A la fin des années 80, André VOEGEL et Rémy VOEGEL, Valffois et passionnés d'histoire, écrivent « De Valva à Valff » qui raconte l'histoire de la commune, petit village alsacien à proximité d'Obernai. L'ouvrage reprend, chapitre après chapitre, son histoire et celles de ses habitants. Dans les années 2010, Rémy VOEGEL complète la connaissance du village par divers textes édités dans le bulletin communal. 

Suite au décès d’André VOEGEL en février 2017, Rémy et Frédéric, son fils, se lance le défi de partager via le présent site les archives dématérialisées du livre, les vidéos de Charles SCHULTZ, sans oublier la publication des 40 classeurs historiques d’Antoine MULLER. Ces classeurs sont une mine d'or incroyable, car ils retracent en images toute l'histoire du village, de ses associations et de ses habitants.

Depuis, le devoir de mémoire de notre village alsacien se poursuit semaine après semaine.