Si notre base de données regorge aujourd'hui de très nombreuses archives, nous le devons à Antoine MULLER et André VOEGEL qui ont réalisé pendant de nombreuses années des recherches. La numérisation a permis l'ouverture de nouvelles informations et une rapidité de tous les instants. Souvenirs d'une autre époque dans les mémoires d'André VOEGEL.

J'ai eu la bonne fortune de pouvoir prendre ma préretraite à un peu plus de 56 ans, ce qui m'a permis de m'investir dans une activité vraiment ardue, mais combien passionnante et enrichissante. Pendant cinq années, j'ai fouillé les archives communales, départementales de la ville de Strasbourg, de l'évêché et paroissiales, les bibliothèques de la ville de Strasbourg, BNU, Obernai, Sélestat, Bischenberg, etc. J'ai compulsé des milliers de documents, que j'ai photographiés, photocopiés et classés par thèmes.

À cette époque, on consultait les documents originaux. Les archives départementales ne disposaient même pas de photocopieuse, soit on copiait à la main, soit on les photographiait. Cependant, il était interdit de photographier avec flash. J'étais bien équipé à ce niveau, avec un très bon appareil photographique Nikon, que j'avais ramené du Japon, ainsi qu'un objectif macro et des pellicules noir et blanc 1000 ASA. Cet équipement me permettait de faire des prises de vue dans toutes les conditions. Un labo de développement, installé à domicile, me permettait de développer différents formats. Certains anciens documents de très grands formats m'obligèrent même à faire 2 à 4 prises et à les coller ensemble après développement.

Pour tous ces travaux, j'étais secondé par un jeune de ma lointaine famille, Rémy VOEGEL, marié à l'époque avec ma nièce Nicole MULLER. Rémy était un gars enthousiasmé par cette recherche et il avait gagné toute ma confiance. Un grand problème se posait pour le déchiffrage des documents anciens du XIVᵉ, XVᵉ et XVIᵉ siècles. Ces documents étaient écrits en vieil allemand gothique, sans aucune ponctuation, et nous trouvions également beaucoup de documents en latin, en français et même certains en yiddish. Pour parer à cet inconvénient, Rémy et moi-même avons suivi des cours de paléographie à l'université de Strasbourg, une science qui permet de déchiffrer des écritures anciennes et allemandes. Pour déchiffrer le latin, j'ai fait appel à l'abbé STEHLÉ, bibliothécaire à la bibliothèque alsatique du Crédit Mutuel du Bischenberg. Sa connaissance du latin, son aisance, cette facilité naturelle de traduire un texte, qui ne donne aucune impression d'effort, m'ont toujours laissé tout pantois.

En hiver 1982/83, nous avions déjà rassemblé une quantité non négligeable de documents du patrimoine historique du village et nous décidâmes d'organiser une exposition en mars 1983 au foyer culturel. Par ce moyen nous voulions non seulement exposer le fruit de notre recherche, mais surtout tester, en vue de pouvoir apprécier l'intérêt que portent les gens du village à nos travaux de recherche. L'exposition fut une réussite totale, plus de 300 documents regroupés par thèmes, exposés sur 30 panneaux furent accueillis avec beaucoup d'enthousiasme de la part des visiteurs dont beaucoup vinrent des communes environnantes. Ce succès inattendu nous réconforta dans nos recherches et nous rassura dans l'idée d'aboutir finalement à la publication d'un ouvrage sur l'histoire du village. J'ai constaté avec beaucoup de satisfaction l'immense intérêt que portent les gens sur le patrimoine culturel, historique de leur village.

Le livre « De Valva à Valff »

Les travaux de recherche, l'interprétation difficile des textes demandèrent encore plusieurs années de travail avant de pouvoir lancer une série de 1000 exemplaires. J'ai titré ce livre « De Valva à Valff », l'histoire d'un village alsacien. Pourquoi ce titre ? Tout simplement parce que la première dénomination trouvée dans les archives (vers 660) était Valva. J'ai dénombré quinze autres dénominations, que j'ai rappelées dans l'ouvrage. Le livre est sorti en novembre 1987, pendant une bonne période pour les offrir à Noël à la famille. La vente a, non seulement connu un succès parmi la population autochtone, mais aussi parmi ceux et celles qui ont quitté notre cité et qui résident dans toute la France, et même dans beaucoup de pays étrangers. Un exemplaire se trouve au Japon.

Ne voulant tirer aucun bénéfice, à titre personnel, de la publication de l'ouvrage, j'en ai fait don à l'association culturelle de Valff, qui a pris en charge les frais d'impression, mais qui en a tiré un bénéfice substantiel. Les autres frais, je les ai pris à ma charge. Avec le recul, je constate que l'ouvrage présente quelques défauts, des fautes d'orthographe, des feuilles manquantes dans certains exemplaires, c'est regrettable. Le tout provient du mauvais choix de l'imprimeur, n'ayant pas l'expérience en ce domaine, mais dont le prix était intéressant. Mais le livre a le mérite d'exister, je ne regrette rien, cette opération était pour moi une période d'épanouissement, d'exaltation et je ne saurais effacer cette action de mon souvenir et je voudrais rendre hommage à tous ceux et celles qui m'ont encouragé dans mon entreprise.

Un peu d'histoire

De Valva à Valff, c’est tout d’abord un livre. A la fin des années 80, André VOEGEL et Rémy VOEGEL, Valffois et passionnés d'histoire, écrivent « De Valva à Valff » qui raconte l'histoire de la commune, petit village alsacien à proximité d'Obernai. L'ouvrage reprend, chapitre après chapitre, son histoire et celles de ses habitants. Dans les années 2010, Rémy VOEGEL complète la connaissance du village par divers textes édités dans le bulletin communal. 

Suite au décès d’André VOEGEL en février 2017, Rémy et Frédéric, son fils, se lance le défi de partager via le présent site les archives dématérialisées du livre, les vidéos de Charles SCHULTZ, sans oublier la publication des 40 classeurs historiques d’Antoine MULLER. Ces classeurs sont une mine d'or incroyable, car ils retracent en images toute l'histoire du village, de ses associations et de ses habitants.

Depuis, le devoir de mémoire de notre village alsacien se poursuit semaine après semaine.