Loin de la multitude des activités et des sports possibles aujourd'hui, André VOEGEL se souvient dans ses mémoires des activités de sa jeunesse, du football.
Dans les communes rurales, il n'existait avant la guerre que très peu de sport organisé. Vers les années 1935, un léger frémissement commençait à se propager parmi la jeune génération pour le foot. Le handicap majeur était le terrain. Les communes se désintéressèrent de ce problème, les loisirs des enfants, des adolescents étaient considérés comme secondaire, un luxe inutile même dans les écoles. Ma génération ne peut pas être qualifiée comme une génération de sportifs, faute surtout de volonté des pouvoirs publics, contrairement à nos voisins allemands où le sport était une discipline obligatoire à partir de l'école primaire.

Valff s'est doté relativement tôt d'une équipe de football, même avant la ville de Barr. L'équipe comptait parmi ses rangs quelques joueurs de Barr. Le problème de terrain avait trouvé à cette époque (vers 1935) un commencement de solution. En effet, la commune accordait au jeune club la possibilité de défricher la « Gansweid » (pâturage des oies), actuellement la forêt vis à vis de la station d'épuration. Il semblerait, toutefois, qu'on n'ait jamais joué sur ce terrain, les travaux n'ayant pas été menés à bonne fin.
Les prémices du FC Valff
Après la guerre, notamment en 1946, une jeune équipe, dont je faisais partie, créa un nouveau club. La première assemblée constituante s'est tenu au restaurant Au Boeuf, notre voisin, rue des Flaques. Nous étions nombreux à y adhérer. Le club a été baptisé sous la dénomination « F.C. Victoria Valff » [en savoir plus : Historique du Football Club de Valff]. Pour la première fois, la commune prêta son concours concernant le terrain. Le comité du club opta pour un terrain à la sortie est du village. Aux propriétaires hostiles, la commune proposa un terrain de substitution du double de la surface cédée. Le club avait son terrain, même si un chemin passait en travers.
J'ai joué pendant plusieurs années dans l'équipe locale comme gardien de but. J'ai gardé le meilleur souvenir de cette période. C'était encore des temps héroïques, au lieu de toucher des indemnités, comme actuellement, les joueurs payaient une participation à l'équipement ainsi qu'une contribution mensuelle dans la caisse du club. Les tournois organisés chaque année donnaient lieu à une liesse débordante et collective. Lorsque je fis connaissance de ma fiancée, qui malheureusement n'était pas très sportive, mon assiduité s'estompa un peu, j'avais d'autres priorités, mais je continuais à jouer même après mon mariage. J'ai dû arrêter lorsque j'ai été victime d'un accident assez sérieux lors d'un match de championnat.

Le FC Valff en 1970
De gardien à arbitre
Mon médecin traitant m'a soutiré plus d'un litre de sang provenant d'une hémorragie interne à la suite d'un déboîtement du genou. Après ma guérison et ne pouvant plus assurer mon poste dans l'équipe, je décidais de participer à un stage de formation comme arbitre de ligue. Chaque semaine je dus me déplacer le soir pour assister au stage à Benfeld, au restaurant de la Gare. Je m'y rendais à vélo. L'ambiance de la petite équipe que nous formions était très bonne. Jules DURLACHER, membre de la Ligue d'Alsace de Football Association et du comité du Racing de Strasbourg, lui-même arbitre, assurait le stage avec beaucoup de compétence et de circonspection. Après plusieurs mois de stage, le jour arriva où nous devions passer l'examen devant un jury. J'ai été reçu, comme d'ailleurs tous mes copains, et désormais, je fis partie de l'équipe des arbitres stagiaires de la LAFA.
J'ai arbitré très peu de matchs et je me rappelle d'avoir été juge de touche à un match à Obernai qui jouait en division supérieure. Le terrain se trouvait encore tout en haut du mont National. Très peu de temps après, j'ai quitté l'Alsace pour Bouzonville et présenta ma démission à la Ligue, qui m'adressa, via le journal de la Ligue, des remerciements pour services rendus.