Un accident mortel à Strasbourg du beau-frère de Daimler-Mercedes, un délit de fuite aggravé et une condamnation symbolique.

Voici une histoire qui aurait fait la une d'Info Trafic Bas-Rhin s'il avait existé en 1910. Les faits : en marge de la course automobile du prince Henri (le frère de l'Empereur) qui fait étape ce jour-là à Strasbourg, le beau-frère de Paul Daimler, fils du co-inventeur du moteur à explosion (Daimler Mercedes), le lieutenant Wilhelm Jacob, 21 ans, militaire au 132ᵉ d'infanterie au fort Roon (fort Desaix), entre en collision avec sa motocyclette, peu après minuit, avec un engin décrit par le vigile du fort comme étant de couleur jaune, sur la rue de Brumath, près de l'auberge « Zur Rose ».

Le choc est brutal. Les premiers témoignages sont accablants : les occupants de l'auto, loin de porter secours, auraient poussé le corps dans le fossé avant de s'enfuir. Transféré d'urgence à l'hôpital militaire de Strasbourg, le lieutenant Jacob succombera le surlendemain à un empoisonnement du sang. La police criminelle de Strasbourg lance un appel à témoins, traquant une voiture jaune potentiellement endommagée au flanc gauche. L'opinion publique s'indigne de la cruauté. Finalement, l'enquête finira par payer et l'auteur est retrouvé : il s'agit d'un dénommé Gerstlé, employé de la brasserie Fischer. Gerstlé avouera qu'avec sa camionnette jaune, dont la lanterne gauche était en panne, il a percuté Jacob sans s'en rendre compte. Gerstlé ne sera finalement condamné qu'à deux mois et une semaine de prison.

À part le journal Strasburger Neueste Nachrichten, aucun journal d'Alsace ne relayera le jugement. À l'arrivée à Stuttgart, les voitures Austro-Daimler rafleront les trois premières places, dont la première était pilotée par son directeur, Ferdinand Porsche. Ce succès fut si retentissant que le modèle victorieux sera commercialisé sous le nom de "Austro-Daimler Prince Henry". Porsche utilisera la voiture gagnante au quotidien, poussée par son moteur 4 cylindres de 5,7 litres de 80 chevaux. Elle pouvait déjà atteindre les 132 km/h. Ce sera le début d'une grande histoire.

Un peu d'histoire

De Valva à Valff, c’est tout d’abord un livre. A la fin des années 80, André VOEGEL et Rémy VOEGEL, Valffois et passionnés d'histoire, écrivent « De Valva à Valff » qui raconte l'histoire de la commune, petit village alsacien à proximité d'Obernai. L'ouvrage reprend, chapitre après chapitre, son histoire et celles de ses habitants. Dans les années 2010, Rémy VOEGEL complète la connaissance du village par divers textes édités dans le bulletin communal. 

Suite au décès d’André VOEGEL en février 2017, Rémy et Frédéric, son fils, se lance le défi de partager via le présent site les archives dématérialisées du livre, les vidéos de Charles SCHULTZ, sans oublier la publication des 40 classeurs historiques d’Antoine MULLER. Ces classeurs sont une mine d'or incroyable, car ils retracent en images toute l'histoire du village, de ses associations et de ses habitants.

Depuis, le devoir de mémoire de notre village alsacien se poursuit semaine après semaine.