Voilà comment les Alsaciens règlent les différends (ça se passe comme cela en Alsace, toujours... ou pas... !)
1899. L'histoire commence dans un village de la belle plaine d'Alsace, par une banale contravention. Un maître menuisier, dont le casier judiciaire est déjà plus chargé que son établi, se fait pincer par le garde-champêtre (« Bannwart ») pour entorse à la loi. Pas d'humeur à discuter paperasse, l'artisan décide de régler l'affaire à sa façon : il saisit la première « arme » qui lui tombe sous la main et charge le représentant de l'ordre. S'ensuit un duel à l'alsacienne. Le garde-champêtre qui est un ancien lancier de la bataille de Solférino et malgré le poids des années et un gosier déjà bien arrosé, sort sa canne et pare les coups avec une bravoure digne de ses anciennes campagnes.
Hélas, face à la fureur du menuisier, l'expérience ne suffit pas et le vieux lancier est blessé au bras. C'est là que le drame vire à la comédie : à la vue du sang, le menuisier est pris d'un remords accablant. Il lâche son arme, panse les plaies du garde-champêtre et propose de sceller une amitié éternelle autour de quelques verres de vin local. On oublie le procès-verbal, on se promet un silence de plomb. Tout le monde est content. Sauf que le maire a vent du duel et porte l'affaire devant les tribunaux. Ce sera 20 marks d'amende. Pas de réconciliation « chrétienne ». La loi, c'est la loi. Donderwatter noch e mohl !