Quand Paris ouvre les grilles de son exposition universelle en avril 1900, le monde entier a les yeux rivés sur les rives de la Seine. Pour l’Alsace, annexée depuis 1871, l’événement revêt une double dimension : une vitrine incontournable pour les industriels et une opportunité commerciale majeure pour son identité culturelle.
Derrière les lampions de la fête et la grandiloquence des stands, la foire parisienne va révéler deux visages radicalement opposés : celui du triomphe technique d'un côté, et celui des mirages de la spéculation financière de l’autre. Dans les archives du site Gallica, on retrouvé trace de trois faits marquants.
Le « Ysere Mann » en exil parisien
Parmi les attractions destinées à assurer une immersion totale, le célèbre « Homme de fer » de Strasbourg avait été convié à faire le voyage jusqu'à Paris. Pendant sept mois, il a ainsi trôné à la porte du restaurant alsacien. Cependant, cet exil ne fut pas au goût de tous : certains observateurs de l'époque jugeaient sa présence quelque peu « piteuse » dans ce décor artificiel, malgré la présence d'une inscription poétique ornant son socle.
La peur de l'exportation
L'attachement des Strasbourgeois pour leur « Homme de fer » était tel qu'une véritable panique s'empara de la ville à un certain moment. La rumeur circulait qu'un riche Anglais avait fait l'acquisition de la statue et qu'elle ne reviendrait jamais en Alsace. Fort heureusement, il ne s'agissait que d'une fausse alerte. Quel fut le soulagement de la population lors de son retour !
Pour célébrer ses retrouvailles avec son « patelin », Strasbourg pavoisa et le « patrouillard » fut honoré d'une couronne de lauriers et d'un ruban aux couleurs de la ville. La statue fut honorée comme il se doit pour son retour à Strasbourg le 1ᵉʳ janvier 1901 et reposée sur son ancien piédestal, ce qui donna lieu à une vibrante célébration locale. Sa hallebarde fut décorée d'une couronne de feuilles de laurier, ornée d'un nœud aux couleurs de la ville de Strasbourg, rouge et blanc.
Sources : Gallica