Quel mariage peut susciter un tel intérêt pour qu'on le titre de mariage du siècle ? et tout d'abord, de quel siècle parlons-nous ? « On dit souvent que préparer un mariage est une montagne à gravir ; pour celui que vous allez découvrir, le chemin a été aussi escarpé que fascinant ».

C'est dans un paisible village alsacien du nom de Valff ... « Ce iour d’huy, dixiéme de febvrier, l’An de Grace mil ſix cens quatre-vingts-dix-huit », en clair le 10 février 1698, qu'il se passa une chose incroyable !

D'un côté

Lui : Nous avons le capitaine d'infanterie François Antoine de REINACH, baron de Werde (1668-1741), jeune étalon de 30 ans, casaque bleu de roi, revers de manches et boutonnières couverts de broderies d'or, écharpe de soie blanche à la taille, perruque monumentale à deux sommets poudrée, épée dans un baudrier de soie brodé de fils d'or, portée en écharpe sur l'épaule droite, cravate de dentelle Steinkerque. Un beau mâle à épouser, quoi !

De l'autre

Elle : la noble demoiselle Marie Anne Ursule Françoise d’ANDLAU, fille de Conrad d'ANDLAU et de Catherine Marie Zu RHEIN, robe en brocart d'or et d'argent bleu azur, vert émeraude aux motifs floraux tissés, bustier rigide renforcé de fanons de baleine en cône orné d'une échelle de rubans, manches s'arrêtant aux coudes terminées par des cascades de dentelle blanche, une traîne longue portée par des pages ou des demoiselles d'honneur (plus la traîne est longue, plus le rang social est élevé), coiffe à la Fontange (fil de fer sur lequel sont montés plusieurs étages de dentelle empesée et de rubans, se dressant verticalement très haut sur la tête), La Schapel (couronne de mariée en tant que noble alsacienne, intégrée à sa coiffe, une petite couronne de perles et de fils d'argent, spécifique aux mariées de la région), les armoiries (un bijou de corsage, une broche ou un "devant de corsage" dont la pierre précieuse rouge rappelle la croix de gueules des Andlau), le collier (un rang de perles fines, symbole de pureté et de richesse).

La mariée est née le 6 octobre 1682 à Wittenheim (Haut-Rhin) et affiche ... 15 ans et 4 mois. Du jamais vu à Valff !

Peinture XVIIe siècle du peintre (Jacques Chépété) 

Comme on l'imagine ...

C'est alors que Léon ZITRONE qui commente le spectacle en direct sur l'ORTF (Office de Radio-Television Française) prononça pour la première fois ces paroles mythiques et intemporelles : « Regardez la perfection de cet ordonnancement ... C'est absolument splendide ... C'est une page d'histoire qui s'écrit sous nos yeux ! Voyez ce regard, ce regard qui en dit long sur l'émotion de la jeune princesse ... ».

Les paysannes, la bouche ouverte, se sont parées pour l'occasion, de leur Festtagsgewand (vêtement de fête du dimanche), de leur "Kutt" (la jupe), le "Mieder" (le corsage), le "Schonrtz" (le tablier) et sur la tête le "Bändelkappel" ( bonnet de soie ou de velours). C'est beau aussi. Mais à la vue de ces dames de la Haute, poudrées et coquettes à souhait, le terme saliver est un euphémisme ! 

... et comment ça s'est vraiment passé !

Comme il n'existe aucune source ni dessin de l'évènement (ah bon ?), les détails de l'habillement sont purement indicatifs mais représentatifs d'un mariage de la haute noblesse à l'époque. Il est probable que les perruques à étages ou la traîne de sept lieues fussent absentes, n'empêche. Reconnaissez et avouez que ça en jette !

Les blasons des deux familles ornèrent le château et l'église :

  • REINACH : D'or au lion de gueules (rouge), armé, lampassé et couronné d'azur
  • ANDLAU : D'or à la croix ancrée de gueules. On retrouvait probablement ces blasons brodés sur les canons (ornements de bas) ou sur la sacoche de salle de son cheval si il est arrivé en cortège cavalier, comme c'était l'usage pour les officiers.

Pourquoi Valff ?

Rectificatif : le pont-levis de l'image, côté nord est, n'a jamais existé [lire : L'histoire des accès au château et à l'église Saint Blaise]

La mariée habite le château de Valff avec son père Conrad d'ANDLAU, qui est écuyer. Il représente la famille d'ANDLAU et conclut les affaires courantes et la gestion des biens de la famille comme, par exemple, les contrats de distribution du sel (La gabelle, l'impôt salé du Roi). Il est mandaté pour engranger les taxes des sujets dues au seigneur [lire : Comptes et dépenses d'une commune alsacienne au XVIIIᵉ siècle].

Le frère de la mariée, Jean Conrad d'Andlau, décèdera et sera enterré à Valff en 1726. Histoire des cimetières de Valff 

 

Qui est Marie Anne Ursule Françoise d’Andlau ?

  • Le fief de Valff : Marie Anne est issue de la branche Andlau-Valff. À cette époque, les seigneurs d'Andlau étaient seigneurs de Valff, où ils nommaient directement le chef du village (le Schultheiss).
    Résidence familiale : la famille possédait le château de Valff. Contrairement à d'autres branches de la famille d'Andlau en Basse-Alsace qui étaient protestantes, la lignée de Marie Anne est restée strictement catholique, voir La réforme à Andlau et Valff
    Parents : son père, Jean Conrad d'Andlau, était une figure importante de la noblesse locale. Sa mère est identifiée dans les actes comme Catherine Marie zu Rhein (orthographiée "de Zerine" sur le document de mariage), issue d'une illustre famille noble alsacienne et bâloise.
    Mariage : son union avec François Antoine de Reinach le 10 février 1698 à Valff a scellé l'alliance entre deux des plus puissantes familles de la région.
    Mère de famille : elle a mis au monde 10 enfants. (1) L'un de ses petits-fils deviendra plus tard comte de l'Empire et général sous Napoléon. (2)
  •  
  • Sa première fille, Marie Cunégonde Catherine Reine de Reinach, sera baptisée, l'année suivante du mariage, dans l'église St-Blaise de Valff, le 12 janvier 1699.  Le curé écrit: « Maria Kunigunda Catherine Reine a été baptisée aujourd'hui, le 12 janvier 1699, par moi, Bruno Ignatio Parent, curé de Walff (les cérémonies et les rites ont été accomplis). Ses parents sont le noble seigneur Franciscus Antonius, baron de Reinach, et la noble dame Francisca Maria D'Andlau, les époux, résidants dans leur château communément appelé "Wert" ( château de Werde près de Matzenheim). "Les témoins sont l'illustre Dominus Georgius Ludovicus de Landsperg et l'Illustre Dame  Abbesse supérieure d'Andlavensis... " "» Elle entrera dans les ordres en 1914 comme chamoinesse, au couvent d'Andlau.
  •  
  • Abbaye d'Andlau
    Si notre Anne-Marie Françoise ressemblait à Adelaïde d'Andlau, sa cousine... (alors ... quelle beauuuuté ! 💘 😂)

Et notre beau François Antoine de Reinach ?

Il est le fils de Jean Henri de Reinach et de Marie Marthe Bœcklin (mariés en 1624) https://www.alsace-histoire.org/netdba/reinach-werth/

Carrière et statut militaire

Grade : il a servi comme capitaine au sein d'un régiment d'infanterie allemand. Le 15 mars 1690 le capitaine et baron baron François Antoine Béat de Reinach est réformé de la compagnie colonelle du régiment de Zurlauben. https://www.youtube.com/watch?v=SF_t-3Ixkwc&list=PLuPMu6FAM80sh-VKhO0Kmyi11tZaJ5ciE&index=15
Fondateur de branche : il est identifié comme le fondateur de la branche Reinach-Werth (ou Reinach-Wörth).


Seigneuries et possessions
Fiefs principaux : il tenait en fief de l'évêché de Strasbourg le village d'Uttenheim ainsi que le château de Woerth (situé près de Matzenheim).
Acquisitions foncières : en 1715, il a acquis des terres (champs, prés et forêts) dans les localités de Westhouse, Uttenheim, Bolsenheim et Schaeffersheim auprès des héritiers de Johann Christoph Bapst de Bolsenheim. Outre Valff, la famille possédait également des terres et des droits seigneuriaux à Andlau, Eichhoffen, Diebolsheim et Zellwiller.


Vie familiale et dates clés
il est né le 19 avril 1668 à Fontaine et est décédé le 3 décembre 1741 à Strasbourg.
Mariage : son union avec Marie Anne Ursule d'Andlau a eu lieu le 10 février 1698 à Valff.
Descendance : le couple a eu 10 enfants. Parmi eux, on note une fille, Marie Charlotte de Reinach de Werth, qui s'est mariée en 1733 à Strasbourg avec François Benoît de Baden.

8 décembre 1699 : Acte de baptême d'Antoine à Matzenheim. Les parrains furent les très illustres seigneurs Jean Rodolphe Conrad de Pfund, archidiacre de l'église cathédrale de Bâle, et Jean Conrad, Baron de Reinach, écolâtre de cette même église cathédrale de Bâle. Les marraines furent la très [illustre] Princesse, Madame Maria Cleophe de Flaxland, Princesse à Andlau et Ittershoffen, et la Princesse Maria Susanna de Shene, Princesse à Schönau. (en allemand : ont signés) Johann Conrad d'Andlau, au nom de Monsieur l'Écolâtre de la Cathédrale de Bâle (Thumscholaster) ; Frantz Joseph Antoni de Reinach, au nom de Monsieur Velten von Pfirts ; au nom de Son Altesse Princière d'Andelau : Maria Ottilia d'Ostem (Osthouse) du Ste-Odile. Au nom de Son Altesse Princière de Schönau (Shenis) : Maria Johanna Beatrix de Ligertz, dame du chapitre d'Andlau.

Un autre acte de baptême a du être rédigé à part puisqu'aucune signature ne figure dans le registre de baptême de Matzenheim.

15 juillet 1701 : acte de baptême de François Wilhelm Ignace à Matzenheim. Parrain : François Jacob d'Andlau et françois Ernest Reich de Platz, marraine : Marie Salomée de Flaxland et Marie Helena Golding de Lamberdingen. 


Origine familiale
La famille de Reinach est une lignée de petite mais ancienne noblesse originaire du canton d'Argovie en Suisse, installée en Alsace depuis le XVᵉ siècle. 

Note historique : la branche Reinach-Werth (Werde près de Matzenheim) a perduré longtemps en Alsace et est entrée notamment en possession du domaine de Niedernai au début du XIXᵉ siècle.

 

Passons aux choses sérieuses :

La cérémonie religieuse et l'acte de mariage dans le registre de mariages

.Hodie 10 Mensis februarii anni 1698 Aujourd'hui, le 10 du mois de février de l'an 1698

me Brunone Ignatio Parent Pa[rocho] par moi, Bruno Ignace Parent, curé

in Valff Sacro Matrimonij vinculo copu- à Valff, par le lien du Sacré Mariage ont été

lati sunt Per-Illustris Dominus Franciscus unis le Très Illustre Seigneur François

Liber Baro de Leypach (annoté Reinach) et Praenob[ilis] Baron de Leypach (Reinach) et la Très-Noble

Illa Francisca Maria d’Andlau ex V[alff] Demoiselle Françoise Marie d’Andlau de Valff

filia Legitima Perillustris Domini Con- fille légitime du Très-Illustre Seigneur Conrad

radi Francisci d’Andlau et Catharinae Mariae de Rinck  François d’Andlau et de Catherine Marie de Rinck

facta una tantum proclamatione nan[que] ayant été faite une seule proclamation [de bans] car

duas reliquas a Reverendissimo dom[ino] les deux restantes par le Révérendissime Seigneur

Francisco de Camilly Vicario generali François de Camilly, Vicaire général

François Blouet de Camilly https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Blouet_de_Camilly

31. Januarij anni 1698 fuit dispensatum le 31 janvier de l'an 1698, il en fut dispensé

fuerunt testes praenobilis d[omi]nus Wolf- furent témoins le très noble seigneur Wolfgang

Sigmund de Landsperg et praenobilis Domin[us] Sigmund de Landsberg et le très noble Seigneur

Hans de Bergheim qui se mecum Jean de Bergheim qui sont avec moi

 ont signé :

Wolf Sigismundt de Landsberg

B[runo] I[gnatius] Parent Pa[rochus] in Valff

Franz Anton Freiherr von Reinach zu Werth ( François Antoine baron de Reinach de Werde (prrès de Matzenheim) et Maria Anna Ursa

la Franzisca von Andlau de Falff (Marie Anna Ursule Françoise d'Andlau de Valff) https://www.grandest.fr/archives/archives-fonds-anciens/

Les témoins

  • Wolf Sigmund de Lansberg (1658-1712) (3) est le fils de Jean Samuel von Landsberg (né en 1625) et de Sophie Catherine von Helmstatt. 

    À l'époque de Wolf Sigismond (XVIIᵉ siècle), la famille n'habitait plus le château fort de montagne (le château du Landsberg situé à Heiligenstein), car celui-ci avait été partiellement détruit par les troupes suédoises en 1632 durant la guerre de Trente Ans.

    Le château de Niedernai : C'était le lieu de résidence effectif de Wolf Sigismond. Ce château de plaine, situé dans le village de Niedernai (Bas-Rhin), servait de centre administratif et résidentiel pour la branche aînée de la famille dont il faisait partie.

    Autres possessions : la famille possédait également des biens et des droits seigneuriaux dans les villages voisins, notamment à Meistratzheim et Zellwiller.

  • Ce ne fut pas toujours le grand amour entre les seigneurs d'Andlau et ceux de Lansberg de Niedernai.   Différend entre Valff et Niedernai
  • Les procès de sorcellerie du début du XVIIe siècle n'empêchère pas de brûler à Niedernai quelques bonnes âmes de Valff. Procès de sorcellerie en Alsace

      Hans (Jean) de Berckheim. Qui est le [ Seigneur très noble Hanns de Bergheim ] témoin au mariage ?

Même si ce nom est mentionné, il est difficile de retrouver des traces de ce personnage. En 1316, date de la fondation du vicariat da chapelle Ste Marguerite, un certain Gauthier de Berckheim avait participé au financement de la construction de la chapelle La fondation du vicariat de la chapelle Sainte Marguerite

https://www.alsace-histoire.org/netdba/berckheim-de/

Le curé

Armoiries de Bruno Ignace PARENT

Bruno Ignace PARENT a été curé de Valff entre 1697 et 1704. Lui et son frère Pierre PARENT ont été formés au diocèse de Trèves.

 Kammerer recense Bruno Ignace PARENT :
à Barr, cité le 13.03.1696 (G1422, 217)
à Barr (juin 1696-mars 1697)
à Valff (avril 1697-mars 1704), envoyé jusqu'à Noël au séminaire pour boisson et mauvaise conduite (G6321, 193, 04.09.1704)
à Mittelbronn (Moselle) (novembre 1704-mai 1705)
à Marmoutier (juin 1705-août 1720).

Il serait décédé avant le 28.01.1721 (G1454, 19) mais son acte de décès ne figure pas dans le registre de Marmoutier. 

C'est grâce à l'Armorial Général de France (édit de 1696) que nous connaissons ses armoiries. À cette époque, Louis XIV obligeait les notables et les ecclésiastiques à enregistrer leur blason (moyennant une taxe de 20 livres pour un curé) afin de renflouer les caisses de l'État. Durant son ministère à Valff, il officie dans une paroisse qui a connu des tensions entre cultes catholique et protestant au début du XVIIIe (sous l'influence des seigneurs d'Andlau). À son époque, le catholicisme à Valff est bien rétabli. La réforme à Andlau et Valff

Entre 1680 et 1720, 10 curés se succèdèrent à Valff. Jean Grégoire DE SCHWANDEN qui a tenu le coup 6 mois (1691) relate dans un coin du registre des baptêmes : « En18 ans, Valff a eu 15 curés [et vicaires]. Personnellement Dieu soit loué, je partirai bientôt. Un seul curé, pendant cette période troublée, a tenu 5 ans ... ». 

Et la nuit de noces ?

 La cérémonie du coucher (le « Beilager »)
Chez les nobles alsaciens, la consommation du mariage devait être prouvée ou du moins symbolisée devant témoins pour rendre l'union juridiquement indissoluble. Le cortège : Après le banquet, les invités, souvent menés par le parrain et la marraine ou des officiers de la maison, escortaient le couple jusqu'à la chambre nuptiale en musique et avec des flambeaux. La mise au lit : Les mariés étaient aidés par leurs proches à se déshabiller (souvent jusqu'à la chemise de corps). Ils devaient s'allonger côte à côte dans le lit de noces, souvent richement décoré pour l'occasion. La bénédiction : Le prêtre (ou le pasteur, selon la confession de la famille) bénissait le lit nuptial pour chasser les mauvais esprits et favoriser la fertilité. La présence des témoins Contrairement aux paysans chez qui les plaisanteries étaient plus grivoises, la noblesse maintenait un certain décorum, tout en restant stricte sur la validité de l'acte. Les rideaux du lit : Une fois le couple installé, les rideaux du lit étaient tirés. Dans les familles de très haute noblesse, les témoins restaient parfois dans la pièce jusqu'à ce que l'acte soit « techniquement » engagé ou que les époux soient laissés seuls sous la surveillance discrète de valets de chambre postés derrière la porte.

La preuve de consommation : Le lendemain matin, les femmes de chambre ou la belle-mère pouvaient vérifier les draps. Pour la noblesse, cette preuve était cruciale pour éviter toute demande d'annulation de mariage (pour non-consommation) qui pourrait briser une alliance politique ou patrimoniale.

 La « Brautsuppe » et les rituels de nuit
La nuit était souvent interrompue par des traditions culinaires et festives : La soupe de la mariée (Brautsuppe) : Vers minuit ou au petit matin, les proches apportaient aux mariés un bouillon épicé ou une soupe au vin dans la chambre. Ce rituel servait à « redonner des forces » au couple. Le vin et les épices : On servait souvent du vin chaud mélangé à du miel et des épices (cannelle, gingembre), considérés à l'époque comme des aphrodisiaques et des symboles de douceur pour la vie future. Le Charivari (dans certains cas)
Si le mariage était jugé « inégal » (par exemple, un vieux noble épousant une très jeune fille), les jeunes de la ville ou des environs pouvaient organiser un charivari : un concert de casseroles et de cris sous les fenêtres du château pour perturber la nuit de noces. Cependant, chez la haute noblesse, la garde du château empêchait généralement ces débordements populaires.

 Les vêtements de nuit : Apparat et pudeur
Même dans l'intimité, le noble alsacien de 1700 ne dort pas nu. Le vêtement de nuit est une pièce de luxe, souvent incluse dans le trousseau de la mariée. La Chemise de corps (ou « Chais ») : Pour l'homme comme pour la femme, c'est une pièce longue en lin très fin ou en toile de Hollande. Pour la mariée, elle est ornée de dentelles de Flandres au col et aux poignets. Le Bonnet de nuit : Indispensable pour les deux époux. Pour l'homme, c'est un bonnet pointu en coton ou en soie ; pour la femme, une coiffe légère (souvent appelée cornette) qui maintient la coiffure élaborée de la journée, même si les cheveux sont partiellement lâchés pour la nuit. Le « Deshabillé » : Avant d'entrer au lit, la mariée porte souvent une robe de chambre lâche en soie ou en brocart.

 

L'amour courtois

Le contrat de mariage

Les signataires : Christian Eberhard von Barckheim (Berkheim), Johann Conrad von Andlau, Andoni von Andlauw (Antoine d'Andlau), François Antoine baron de Reinach, François Joseph baron de Reinach, François Jacob von (Vordt ?) zu Andlauw, Johann Conradt Frürchters (administrateur des revenus) von Reinfelden  et Wolf Segemundt (Sigmund) von Landsperg (Landsberg). Chacun y a apposé son sigle. Il a été rédigé le 10 février 1689 soit le jour du mariage et avant la célébration (kunftige Eheleute) Il y est abordé l'usage des biens propres, que faire en cas de dettes, de séparation, le lieu d'habitation, des descendances etc. Il est peu parlé de la mariée. C'est finalement un mariage de raison.

L'acte commence par ces mots : Im Nahmen der Aller Heiligsten Drei Faltigheit Gott Vather Sohn und heiligen Geistes Amen : Kunt und Offenbar Seye Mäniglichen Kunt Das Aus Sonderbahren Schickung Gottes zur Vermehrung der Christenheit und Auflandzung Adelicher Freundschaft Seit Wissen und Willen bederseits Herbster Freihertz ( Au nom de toutes les trois Trinités, Dieu le père, le fils et l'esprit saint, il est officiel à savoir à tous que par la volonté de Dieu, la propagation du christianisme et l'entretient de l'amitié entre nobles, il est à proclamer à toutes les parties concernées, etc.)

 

Mais ce fut quand même un beau mariage : "...et ils se marièrent et vécurent heureux et eurent beaucoup beaucoup d'enfants et s'ils ne sont pas morts ils vivent encore aujourd'hui etc ect etc..." 

Les noces en béton :frappe:

 

Grâce à l'aimable collaboration de Mme Christine HEIDER de la Région Grand Est, qui a eu la gentillesse de nous transmettre le contrat de mariage de nos mariés de l'An de grace 1698, ne manquez pas la suite de l'histoire passionnante "Le mariage du siècle à Valff" !  A suivre...

(1)

Les fils identifiés

  • François Guillaume Ignace de Reinach-Werth (1701-1764) : L'aîné et successeur principal. Il s'est marié en 1730 avec Marie Anne Joséphine Ursule de Ferrette-Carspach. 
  • François Ignace Antoine de Reinach : mentionné dans les archives de la famille comme étant né vers 1689 (date possiblement erronée ou issue d'un premier lit, car le mariage principal date de 1698) 
  • Jean-François Conrad de Reinach : reçu chevalier en 1697, est décédé à Valff en 1726.

Les filles identifiées 

Plusieurs filles ont rejoint des chapitres nobles ou des abbayes, comme c'était la coutume pour la haute noblesse alsacienne :

  • Marie Cunégonde Catherine de Reinach : admise au chapitre noble d'Andlau en 1714.
  • Marie Charlotte de Reinach : mariée en 1733 à Strasbourg avec François Benoît de Baden.
  • Marie Anne Caroline Hyacinthe de Reinach : reçue au chapitre d'Andlau en 1753.
  • Marie Anne Françoise de Reinach : également mentionnée pour ses preuves de noblesse au chapitre d'Andlau.

 

(2) Jean-Baptiste de Reinach-Hirtzbach 

Petit-fils de François Antoine de Reinach et Marie Anne Françoise d'Andlau

Carrière napoléonienne : ce descendant a participé aux plus grandes batailles de l'Empire, notamment à la bataille de Heilsberg ainsi qu'aux campagnes d'Espagne, du Portugal et de Russie.

  • Blessure de guerre : il a été grièvement blessé près de Moscou lors de la retraite de Russie.
  • Aide de camp de Murat : après s'être rétabli, il a été promu chef d'escadron et a servi comme aide de camp du célèbre maréchal Murat lors de la bataille de Leipzig en 1813.
  • Distinctions : pour ses services, il a été nommé officier de la Légion d'honneur.

(3) 

Sources : archives départementales du Bas-Rhin. Images IA

Remerciement à la Région Alsace Grand Est et particulièrement à Mme Christine Heider pour son aimable collabration.

Un peu d'histoire

De Valva à Valff, c’est tout d’abord un livre. A la fin des années 80, André VOEGEL et Rémy VOEGEL, Valffois et passionnés d'histoire, écrivent « De Valva à Valff » qui raconte l'histoire de la commune, petit village alsacien à proximité d'Obernai. L'ouvrage reprend, chapitre après chapitre, son histoire et celles de ses habitants. Dans les années 2010, Rémy VOEGEL complète la connaissance du village par divers textes édités dans le bulletin communal. 

Suite au décès d’André VOEGEL en février 2017, Rémy et Frédéric, son fils, se lance le défi de partager via le présent site les archives dématérialisées du livre, les vidéos de Charles SCHULTZ, sans oublier la publication des 40 classeurs historiques d’Antoine MULLER. Ces classeurs sont une mine d'or incroyable, car ils retracent en images toute l'histoire du village, de ses associations et de ses habitants.

Depuis, le devoir de mémoire de notre village alsacien se poursuit semaine après semaine.