Sur le territoire de la commune de Valff se trouvent encore plusieurs bancs-reposoirs, dont la plupart ont été restaurés par le Département en 1973. Les bancs ont été érigés sous le Premier et le Second Empire et sont connus sous le nom de « bancs du roi de Rome » ou « bancs de l'impératrice Eugénie ». Ceux du Premier Empire furent commandés à l'occasion du baptême de l'aiglon en 1811 (fils unique de Napoléon Iᵉʳ) sous le préfet Lezay-Marnézia (1).
Lettre du préfet aux communes
« La solennité du deux juin doit être marquée non seulement par l'allégresse universelle, mais encore par des monuments, qui en éternisent le souvenir… L'un de ceux que je veux généraliser dans les départements est celui des reposoirs placés de distance en distance, le long des routes et des chemins communaux, pour la facilité des voyageurs et des cultivateurs qui portent des fardeaux. Je vous invite à prendre vos mesures pour que d'une demi-lieue en une demi-lieue un reposoir en pierre soit établi… Il conviendrait d'y joindre un banc… et derrière ces bancs seront plantés 4 à 5 arbres… Il faut qu'un jour chacun dise en se reposant sous ces ombrages : "Nous le devons au Roi de Rome." »
Ceux du Second Empire seront érigés à l'occasion du premier anniversaire de la commémoration du mariage de Napoléon III avec l'impératrice Eugénie de Montijo, le 30 janvier 1853 sous l'instauration du préfet Auguste César WEST (2).

Napoléon III et Eugénie (crédit : Wikipédia)
Les bancs de l'impératrice comportent en principe deux montants, deux traverses et de chaque côté, un reposoir individuel. C'était l'époque où l'on se déplaçait beaucoup à pied ou à cheval. Les femmes qui se rendaient au marché avec un panier sur la tête n'avaient pas à se baisser. Il leur suffisait de faire glisser leur fardeau sur le linteau supérieur et de le reprendre tout aussi facilement une fois qu'elles avaient recouvré leurs forces. Les reposoirs latéraux servaient aux cavaliers pour remonter sur leur monture.
Voir : Le cadastre napoléonien de 1813

Extrait du registre du Conseil municipal du 24 avril 1812 pour l'envoi d'une pétition pour l'autorisation de faire construire 3 nouveaux bancs dans la rue principale appelés bancs du roi de Rome

Le 23 février 1813. La commune confirme l'abattage d'arbres dans la Neustrass près du banc-reposoir.

Sur le chemin départemental de Valff à Goxwiller se trouve un banc-reposoir non millésimé, mais qui semble dater du Premier Empire. Ce banc ne comporte qu'une seule traverse. Trois autres bancs à deux montants, deux traverses et reposoirs individuels portent la date de 1854 et se trouvent :
- à la sortie du village vers Zellwiller, déménagés il y a quelques années du premier tournant de cette route départementale
![]() |
![]() |
- à la sortie du village en direction de Meistratzheim
![]() |
![]() |
- à la sortie du village sous le marronnier en direction de Bourgheim et Goxwiller
![]() |
![]() |
Les Dernières Nouvelles d'Alsace ont par ailleurs consacré un article le 28 septembre 2018 à ces bancs.
(1)
https://en.wikipedia.org/wiki/Adrien_de_Lezay-Marn%C3%A9sia
-
Le préfet Adrien de Lezay-Marnésia.
-
Contexte : En 1811, pour célébrer la naissance du roi de Rome (fils de Napoléon Iᵉʳ), le préfet Lezay-Marnésia ordonne l'installation de ces bancs sur les routes du département.
-
Objectif : Au-delà de l'hommage politique, il s'agissait d'une mesure de modernisation visant à améliorer les conditions de vie des paysans alsaciens, en leur offrant un lieu de repos le long des chemins vicinaux. Contrairement aux modèles ultérieurs, ces premiers bancs présentent une grande diversité architecturale, chaque artisan local les concevant selon son propre style.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Banc-reposoir_d'Alsace
https://www.archi-wiki.org/Adresse:Banc_de_l'impératrice_(Ecomusée_d'Alsace)_(Ungersheim)(2) Les bancs de l'impératrice Eugénie (1854)
-
Instigateur : le préfet Auguste-César West.
-
Contexte : En 1853, le préfet West relance cette tradition pour honorer l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.
-
Objectif : Cette campagne est beaucoup plus structurée que celle de 1811 : 448 bancs (souvent datés de 1854) sont érigés en un temps record.
-
Financement et style : Contrairement aux bancs de 1811, le département a pris en charge la quasi-totalité des frais (pierres, transport, aménagement). Cette standardisation se traduit par un style uniforme : un siège en grès des Vosges, une traverse supérieure pour déposer les fardeaux portés sur la tête (pour les femmes), et deux bornes latérales (pour les hottes des hommes ou les cavaliers), le tout ombragé par des tilleuls plantés à proximité.
Juillet 1909 : Lucien BLUMER, photographe, assis sur un banc-reposoir du roi de Rome, route de Mittelbergheim à Barr. (archives de Strasbourg)

-




