Ce mardi 30 juin, la commune a organisé sa traditionnelle distribution des Weckele aux enfants. La tradition du « 14 juillet Wecke » (ou Weckele, Weckela), parfois appelée Kaiserwecke (la brioche de l'Empereur), est une coutume typiquement alsacienne (et de certaines zones limitrophes de Moselle).

La tradition

Lors de la Fête nationale (souvent le 13 juillet au soir après le défilé aux lampions, ou le 14 juillet au matin), de nombreuses municipalités alsaciennes distribuent gratuitement une brioche individuelle aux enfants du village (généralement jusqu'à l'âge de 12 ans), et parfois aussi aux personnes âgées.

Selon les boulangers et les villages, ce petit pain au lait ou brioche peut être allongé, rond, tressé (en forme de Zopf) ou contenir des raisins secs ou des pépites de chocolat. Très souvent, elle est offerte avec une tablette de chocolat ou, dans certains villages du Nord de l'Alsace, accompagnée d'une paire de knacks et d'un petit pain à l'eau (Wasserwecke).

L'origine

Dès les années 1870, la fête de l'anniversaire de l'Empereur (Kaisergeburtstag) s'est imposée dans toutes les écoles allemandes. À l'origine, l'anniversaire fêté était celui de Guillaume Ier, le 22 mars. L'État allemand demandait aux communes de financer un « geste » pour les enfants ce jour-là. Selon la richesse des villages, on distribuait des bretzels, des brioches (Wecken) ou de petits pains blancs (qui étaient encore un luxe pour les classes populaires à l'époque).

Quand Guillaume II monte sur le trône en 1888, la date bascule au 27 janvier. C'est sous son règne que la tradition devient quasi systématique et ultra-réglementée dans les écoles d'Allemagne, de Prusse, mais aussi dans les « territoires impériaux » comme l'Alsace-Lorraine. Dans les archives des écoles allemandes de cette époque, on retrouve très souvent la même mention chaque 27 janvier : « Après les chants patriotiques et le discours du directeur, il a été procédé à la traditionnelle distribution de Wecken aux enfants ».

Pendant la période où l'Alsace a été annexée à l'Empire allemand (entre 1871 et 1918), la célébration du 14 juillet français était évidemment interdite par les autorités allemandes. Pour s'attirer les faveurs de la population locale et marquer les esprits dès l'enfance, l'administration impériale distribuait ces petits pains briochés aux écoliers lors de l'anniversaire du souverain. Les enfants appelaient donc naturellement cette viennoiserie le Kaiserwecke (le petit pain de l'Empereur).

Cette tradition n'aura duré qu'une quarantaine d'années en Allemagne. Dès 1915, en pleine Première Guerre mondiale, les archives scolaires allemandes notent que la distribution de brioches est annulée en raison des pénuries de farine de blé et de sucre (Weizenmangel). Après la capitulation de 1918 et la chute de la monarchie, la tradition a été définitivement supprimée en Allemagne ... tandis qu'en Alsace, les mairies ont décidé de la sauver en la décalant au 14 juillet, jour de fête nationale !

La recette

Voici la recette traditionnelle du Weckele.

Les ingrédients (pour environ 8 à 10 Weckele) :

  • 500 g de farine de blé (T45 ou T55)
  • 20 g de levure boulangère fraîche (ou 1 sachet de levure sèche réhydratée)
  • 250 ml de lait tiède
  • 60 g de sucre en poudre
  • 80 g de beurre mou (à température ambiante)
  • 1 œuf
  • 1 pincée de sel

Optionnel : 1 œuf battu avec un filet de lait pour la dorure, des pépites de chocolat ou raisins secs.

La préparation :

  1. Dans un petit bol, émiettez la levure fraîche dans la moitié du lait tiède avec une cuillère à café de sucre. Laissez reposer 10 minutes jusqu'à ce que ça mousse. Dans le bol de votre robot (ou un grand saladier), versez la farine, le reste de sucre et le sel. Mélangez. Ajoutez l'œuf, le reste de lait tiède et le mélange de levure. Pétrissez pendant environ 5 à 7 minutes (vitesse lente au robot). La pâte doit devenir homogène. Incorporez ensuite le beurre mou coupé en dés. Continuez à pétrir pendant 10 minutes. La pâte doit devenir lisse, élastique et se décoller des parois du bol.
  2. Couvrez le saladier avec un torchon humide ou un film alimentaire. Laissez lever la pâte pendant 1h30 à 2h dans un endroit chaud et à l'abri des courants d'air (idéalement près d'un radiateur ou dans votre four éteint, lumière allumée). Elle doit doubler de volume.
  3. Dégazez la pâte en appuyant dessus avec votre poing pour faire sortir l'air. Divisez la pâte en 8 à 10 pâtons de taille égale (environ 80g à 100g par pâton). Façonnage : Formez des petits boudins allongés un peu pointus aux extrémités. Si vous préférez, vous pouvez aussi diviser chaque pâton en trois pour faire des mini-tresses. Déposez-les sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé en les espaçant bien. Couvrez à nouveau d'un torchon et laissez lever une seconde fois pendant 30 à 45 minutes.
  4. Préchauffez votre four à 180°C. À l'aide d'un pinceau, badigeonnez délicatement les Weckele avec l'œuf battu pour la dorure. (C'est le moment de donner 2 ou 3 coups de ciseaux ou de lame de rasoir sur le dessus des pains allongés). Enfournez pour 15 à 20 minutes (ils doivent être bien dorés). Laissez refroidir sur une grille.

Un peu d'histoire

De Valva à Valff, c’est tout d’abord un livre. A la fin des années 80, André VOEGEL et Rémy VOEGEL, Valffois et passionnés d'histoire, écrivent « De Valva à Valff » qui raconte l'histoire de la commune, petit village alsacien à proximité d'Obernai. L'ouvrage reprend, chapitre après chapitre, son histoire et celles de ses habitants. Dans les années 2010, Rémy VOEGEL complète la connaissance du village par divers textes édités dans le bulletin communal. 

Suite au décès d’André VOEGEL en février 2017, Rémy et Frédéric, son fils, se lance le défi de partager via le présent site les archives dématérialisées du livre, les vidéos de Charles SCHULTZ, sans oublier la publication des 40 classeurs historiques d’Antoine MULLER. Ces classeurs sont une mine d'or incroyable, car ils retracent en images toute l'histoire du village, de ses associations et de ses habitants.

Depuis, le devoir de mémoire de notre village alsacien se poursuit semaine après semaine.