En 1899, une insulte proférée au téléphone à Strasbourg vous coûtait 150 marks, soit un mois et demi le salaire d'un ouvrier !

Strasbourg, 1899. On ne saurait trop recommander le calme et la tempérance à nos concitoyens, même face aux caprices de la technique moderne. Car, comme le disait si justement le poète Schiller : « Le plus juste des hommes ne peut vivre en paix si son méchant voisin ne le veut point. » Il semble désormais que cette maxime s’applique aussi aux « demoiselles du téléphone ». L’affaire, qui a tenu l’audience du tribunal de Strasbourg en haleine, concerne un certain sieur Ladenberg, voyageur de commerce venu de Sarrebruck. Séjournant dans l’un des hôtels de notre ville, ce dernier fit établir une communication avec la maison Delbrück, à Mannheim.

Une fois l’entretien terminé, l’homme, de tempérament soupçonneux, craignit que le valet de chambre de l’établissement ne lui surfacturât les taxes de l’État. Voulant obtenir le prix exact « à la source », il tenta de joindre le bureau central. Hélas ! L’attente fut longue, et le silence de la demoiselle du téléphone finit par avoir raison de ses nerfs fragiles. Il s’emporta donc et proféra dans l’appareil un juron d’une vulgarité sans nom, avant de raccrocher avec fracas. Pensant que son injure serait perdue dans les fils de cuivre, il ne se doutait pas qu’un opérateur en ligne à Karlsruhe captait distinctement le nom d'oiseau. Ce témoin imprévu dressa immédiatement procès-verbal.

À la barre, l’accusé a vainement tenté de nier l’évidence. Le tribunal, soucieux de protéger la dignité des employées des Postes et Télégraphes contre d'éventuelles colères intempestives, n’a pas fait preuve d’indulgence. Pour avoir confondu le cornet du téléphone avec un déversoir à vilenies, M. LADERBERG a été condamné à la forte amende de 150 Marks.

Un peu d'histoire

De Valva à Valff, c’est tout d’abord un livre. A la fin des années 80, André VOEGEL et Rémy VOEGEL, Valffois et passionnés d'histoire, écrivent « De Valva à Valff » qui raconte l'histoire de la commune, petit village alsacien à proximité d'Obernai. L'ouvrage reprend, chapitre après chapitre, son histoire et celles de ses habitants. Dans les années 2010, Rémy VOEGEL complète la connaissance du village par divers textes édités dans le bulletin communal. 

Suite au décès d’André VOEGEL en février 2017, Rémy et Frédéric, son fils, se lance le défi de partager via le présent site les archives dématérialisées du livre, les vidéos de Charles SCHULTZ, sans oublier la publication des 40 classeurs historiques d’Antoine MULLER. Ces classeurs sont une mine d'or incroyable, car ils retracent en images toute l'histoire du village, de ses associations et de ses habitants.

Depuis, le devoir de mémoire de notre village alsacien se poursuit semaine après semaine.