La grande armée de grognards combat aux quatre coins de l'Europe. Parmi ces vaillants soldats crapahute un garçon de Valff : Jean-Michel BRESTENBACH. Que pouvons nous découvrir à son sujet ?

Jean Michel voit le jour le 29 septembre 1769. Fils du tisserand Jean George originaire de Benfeld qui décèdera prématurément à l'âge de 55 ans et de son épouse Anne Marie HIRTZ. Jean Michel ne mesure que 1 mètre 63. Son livret militaire indique qu'il avait le visage ovale, le front haut, les yeux gris, des cheveux noirs et un long nez. Il veut être militaire. Il se présente volontairement et sa demande est acceptée. La Révolution française a allumé une vocation. La patrie, c'est son truc.

Acte de baptême de Jean Michel BRESTENBACH

Chez les BRESTENBACH la mort hante : son frère et deux de ses soeurs disparaissent en bas âge. Son frère Gervais épousera une juive convertie, Marie Catherine Joséphine TAUFFLIEB. Les frères juifs de Marie Catherine également convertis se sont installés à Barr où leurs descendants créeront la banque TAUFFLIEB [en savoir plus : La saga de la famille TAUFFLIEB].

Jean Michel est engagé le 10 avril 1890 avec les volontaires de la Garde Nationale avec le matricule n°90. Mais il n'est pas seul. Ses copains du village, Blaise JORDAN, Sigismond ROSFELDER, François Materne NEFF, François George MEYER, Fidèle SAAS et Jean George SCHNEE sont également de la partie. Au départ, il était prévu que « les citoyens qui les composeront ne seront point déplacés, et ne seront employés que pour le service de la police intérieure de leur commune ». Mais rapidement l'armée puisera dans ces viviers à soldats. Le drapeau aux trois couleurs porte les mots : « Le Peuple français » et « La liberté ou la mort ». Tout un programme !

Constat et fustige du 20 Messidor an 4 (8 juillet 1796) au sujet de la désorganisation totale des effectifs des gardes Nationaux dans le canton de Barr

En ce qui concerne l'organisation des effectifs de la Garde Nationale dans le canton de Barr, c'est le « du n'importe quoi ! ». Il faut remédier. C'est dans le 6e bataillon des volontaires du Bas-Rhin que Jean-Michel aura droit à son baptême du feu. 1795, l'unité est envoyée dans les Alpes Maritimes. Après 40 jours d'une interminable marche, exécutée sous une chaleur de plomb, les troupes, forte de 1500 hommes aux ordres du Commandant PROMPT, rejoignent la Méditerranée. Seuls 1206 hommes parviendront à destination. Ils seront affectés le 23 septembre au Corps Masséna, à Loano, situé à environ une centaine de kilomètres au Nord-Est de Nice.

Novembre 1795. Le Général SCHERER, Commandant en chef de l’Armée d’Italie, décide d’attaquer les positions ennemies défendues par 50000 Austro-Piémontais à Magnano. Les Français ne sont que 40000 bougres affamés, démunis de tout ; la 15-2 est en réserve d’intervention. C’est au sabre et à la baïonnette, au corps à corps, que la bataille se dispute. Le bilan: 1500 tués. Les Autrichiens feront 4500 prisonniers et la prise de 18 canons et 40 véhicules. Côté français: 500 morts et 600 blessés dont 49 morts et 178 blessés pour l'unité de Jean-Michel.

13 mars 1812. Avant de s’engager en Russie, Napoléon a décidé de créer une nouvelle Garde Nationale : les Cohortes. A raison d’une par département, portant l’uniforme de l’Infanterie, ces troupes sont formées d’hommes jeunes et robustes, correctement instruits et bien encadrés. Jean Michel est nommé caporal le 10 avril 1812 dans la 18e cohorte. Il reçoit le matricule n°6.

1813. Le 152ème RI participe aux difficiles opérations de la Campagne d’Allemagne face aux coalisés de toute l’Europe (dont la bataille de Leipzig), puis au baroud d’honneur de la Campagne de France, début 1814. La compagnie est de tous les combats dans cette lutte désespérée de la survie de la Patrie, et disparut victime de son devoir. En février 1814, il ne resta que 4 officiers et 35 hommes du rang inscrits aux effectifs du Régiment. Organiquement, c'est le 5ème bataillon du dépôt situé à Strasbourg, qui s’illustrera une dernière fois lors du siège de la ville en réussissant quelques sorties héroïques.

16 septembre 1814. Dissolution officielle du 152ème RI lors de la réorganisation de l’armée par Louis XVIII. Le 19 septembre Jean-Michel BRESTENBACH est fait prisonnier par les coalisés. Pour lui, l'aventure militaire est terminée. Le 152e d'Infanterie est l'ancêtre de l'unité appelée aujourd'hui le 15-2 en garnison à Colmar. Quant à Jean-Michel, nous perdons de lui toute trace. Il a disparu tout comme son Empereur.

Sources :

  • Mémoire des hommes
  • Archives communales

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