- Écrit par : Frédéric VOEGEL
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Mai 1900, Alsace, l'amour n'a pas d'âge.
La chronique locale s’agite autour du mariage entre un jeune homme de 25 ans, au physique avantageux mais pauvre, et une riche veuve millionnaire de 66 ans. L’histoire commence de façon romanesque : notre fringant jeune homme, après avoir servi comme berger à Walbourg puis chez les dragons à Haguenau, a trouvé une place de cocher au service de la vieille veuve. La sexagénaire n’a pas tardé à le démettre de son travail de cocher pour en faire son fiancé. Ce mariage, qualifié par les gazettes avec ironie de « tendre liaison », ne manque pas de faire jaser. Les curieux secouent la tête et la famille de la mariée millionnaire voit d'un très mauvais œil l'union de leur « tantine ». Malgré leurs efforts pour rompre les fiançailles, le mariage a bien eu lieu le 31 mai.
La générosité de la mariée n'a pas de limites, elle aurait déjà assuré la coquette somme de 100 000 marks à son époux (entre 800 000 et 1 million d'euros aujourd'hui). Plus surprenant, elle lui fait donner des cours de français intensifs et de tenue afin de pouvoir l'introduire dignement dans la haute société alsacienne et française. Le couple prévoit de passer sa lune de miel dans la villa qu'elle possède à Barr (Bas-Rhin). « Oh oh oh oh ! », fait le journaliste. « Le mois de mai ne fleuri qu'une seule fois dans l'année, et une seule fois seulement fleuri le vrai amour dans une vie ! » sont ses commentaires dans l'Elsässer Kurier !
Alors que les humains s'extasient pour des questions terrestres, le ciel, lui, exprima en Alsace, ce 28 mai, une magnifique éclipse partielle du soleil. Aujourd'hui on utiliserait les termes de cougar et puma, à l'époque on disait lionne, femmes horizontales, courtisanes ou encore scandaleuse. En allemand « Alte Schartel » ou « Kocotte », pas de pitié dans la langue de Goethe !