Strasbourg continue d'être bombardé. Les journaux locaux cessent de publier, seul le journal Le Courrier des Vosges continue de publier des nouvelles d'Alsace.
Semaine du 29 août au 7 septembre

Le siège de Strasbourg en 1870 par Antoine WENDLING
La journée et la nuit du 23 août
Elle avait bien commencé, cette journée qui devait finir par une nuit si bruyante. Les quelques nouvelles du théâtre de la guerre qui, grâce à un journal parisien introduit en ville, avaient été répandues dans la population, avaient produit un effet extraordinaire. Le complet isolement dans lequel nous vivons avec le dehors est un poids qui pèse péniblement sur tous les cœurs, et lorsque ce poids est soulevé quelque peu seulement, lorsque le voile qui couvre pour nous tout ce qui se passe au-delà de nos murs s'entr'ouvre légèrement, c'est un immense bonheur qui s'empare de tous les esprits.
Hier donc les visages avaient quitté un instant leur air sévère et l'on commentait vivement et avec joie le récit de bataille et les quelques faits parlant des graves pertes subies par l'ennemi, que les journaux de la localité venaient de publier. L'on se battait littéralement devant les kiosques et les guichets de vente, et jusqu'à la tombée de la nuit des groupes nombreux stationnaient dans les rues, où des citoyens complaisants donnaient à haute voix lecture des nouvelles.

L'incendie de l'Aubette
Quelle nuit a suivi ces quelques instants heureux ! À 9 heures moins le quart, un bruit, dont on a appris à connaître la nature à Strasbourg, mit subitement la population en éveil. C'était le canon qui grondait au loin. Le bombardement que le général ennemi avait annoncé venait de s'ouvrir.
À partir de ce moment jusqu'à huit heures de ce matin, plus de onze heures durant par conséquent, le feu de l'ennemi n'a pas cessé. C'était un continuel roulement de tonnerre, des sifflements stridents qui s'entrecroisaient dans l'air, puis le fracas des cheminées et des murs qui s'écroulaient, et de temps en temps des cris plaintifs, des cris de terreur qui s'entendaient au loin.

Strasbourg en 1863
Le début de l'apocalypse
« La nuit était très sombre ; il pleuvait, et du haut des remparts il était impossible de distinguer la position des batteries ennemies qui, abritées derrière quelque bâtiment ou derrière les talus du chemin de fer, cherchaient à accomplir impunément leur œuvre de destruction. On se demande en réalité où tendent et que signifient ces actes. Alors que partout l'armée ennemie affiche des proclamations par lesquelles elle rassure les populations civiles, leur disant qu'elle poursuit la guerre loyalement, soldat contre soldat, alors qu'elle fait parade de ses sentiments de droiture, elle profite d'une nuit sombre pour bombarder une grande cité ».
Ils savent pourtant, ces soldats, qu'il y a là une population inoffensive de quatre-vingt mille habitants, qu'il y a là des enfants, des mères qui tremblent, que la ville est pleine de malades, qu'il y a des blessés dont ils prennent le sommeil réconfortant, des vieillards, dont ils hâtent la mort, des esprits qui s'égarent sous le coup de la frayeur et de l'émotion. Il n'est pas possible de raconter aujourd'hui les dégâts qu'innombrables projectiles ont causés cette nuit. Il faudrait citer presque toutes les rues de la ville et dans certaines rues presque toutes les maisons. Les obus entraient de tous côtés, et tous les quartiers ont souffert. Le centre de la ville et la Krutenau ont été les plus éprouvés.

Sans viser, sans chercher à respecter ce qui doit être sacré pour l'ennemi, on a tiré sur les églises, sur la Cathédrale même, sur les ambulances, sur les hôpitaux. Dans les faubourgs de Pierres, de Saverne, et dans le faubourg National, dans la Grand'-rue et dans les rues qui y aboutissent, sur la place Kléber, dans la rue de la Mésange, dans le quartier du Finckwiller, sur la place Saint-Thomas, la place des Moulins, dans la rue des Serruriers et les rues voisines, au Marché-aux-Poissons, dans la rue des Sœurs, la rue des Frères, sur les quais, dans la rue des Maisons-Rouges, la place Saint-Nicolas, la rue Neuve-des-Pêcheurs, le quartier de l'Arsenal, divers bâtiments ont été atteints par les obus.
Sept projectiles sont tombés sur l'hôpital civil, sans y blesser personne heureusement ; un obus est tombé sur le Grand Séminaire qui contient une ambulance ; plusieurs obus sont tombés sur le Petit Séminaire, où l'on a, en toute hâte, transporté dans les caves les blessés qui y sont installés ; le Séminaire protestant, également transformé en ambulance, a été atteint ; dans l'établissement des Petites Sœurs, rue Saint-Louis, un projectile a tué un soldat, un zouave blessé, qui y était soigné. Au faubourg National, une femme a eu les deux bras enlevés ; dans la Krutenau, plusieurs personnes ont été lésées. L'hôpital civil avait reçu ce matin à 10 heures et demie quatre blessés et deux morts, victimes du bombardement de la nuit.

Le quartier Saint-Nicolas a été fortement endommagé ; l'Arsenal a la toiture démolie, l'église Saint-Thomas, la Monnaie ont reçu des projectiles, le Temple-Neuf a été atteint de différents côtés.
En plusieurs endroits, des commencements d'incendies ont eu lieu ; dans la maison Knoderer, rue des Dentelles. Dans la tour de l'église Saint-Thomas, le feu s'est montré un instant. Mais les postes de sûreté organisés par les citoyens l'ont promptement éteint. Ces postes ont fonctionné, du reste, dans toute la ville, avec un dévouement et un zèle admirables. Sans crainte du danger, les rondes circulaient dans les rues, et aussitôt qu'un projectile tombait sur une maison, ils se hâtaient d'accourir, d'examiner la place atteinte, et de porter secours dès qu'il y avait l'ombre d'un risque. De tous côtés il nous vient des éloges à l'adresse des citoyens qui ont, pendant la nuit entière, veillé à la sécurité de la ville.

Les témoignages de solidarité
M. ENGEL-BAERr, rue de la Mésange, nous prie entre autres d'exprimer ses sentiments de gratitude au poste qui s'est empressé de pénétrer dans sa maison, au moment où un projectile venait d'en effondrer le toit et menaçait de causer un incendie. Nous ne pouvons qu'encourager les citoyens à persévérer, durant cet état de crise, dans cette excellente voie. Qu'on songe qu'il y a là quinze cents hommes peut-être qui veillent dans toute la ville, concurremment avec ceux qui sont chargés ordinairement de ce service.
Dans la rue du Jeu-des-Enfants, chez un nommé HABERKORN, fripier, le feu a exercé des ravages assez considérables ; place Saint-Nicolas, au restaurant Vasbender, incendie également assez important. Sur d'autres points encore, le feu a éclaté, les bombes ont endommagé les propriétés, ont blessé des citoyens inoffensifs.
Diverses observations nous parviennent au sujet du bombardement de cette nuit. On nous demande d'abord si, pour empêcher l'ennemi de tirer impunément sur la ville grâce à l'obscurité et pour permettre à notre artillerie de viser juste, on ne pourrait pas lancer du haut des remparts des fusées qui éclaireraient la campagne, ou mieux encore, si on ne pourrait pas placer sur les tours des portes des appareils de lumière électrique - il s'en trouve d'excellents à l'Académie - dont la vive clarté ferait pour ainsi dire opérer l'ennemi en plein jour, et le désignerait infailliblement aux coups de nos canons ? Nous soumettons ces questions à qui de droit.

On nous fait remarquer aussi que beaucoup de propriétaires ont, pour éviter que les éclats de bombe ne pénètrent dans les caves, placé de grosses pierres devant les soupiraux. Une bombe qui tomberait sur ces pierres les briserait en morceaux qu'elle projetterait au loin et dont elle ferait quelques projectiles de plus. La meilleure garantie consiste à garnir les ouvertures de fumier, de tan, de terre, et surtout de sacs de terre.
On nous prie d'engager les propriétaires dont les maisons sont munies de portes cochères, de laisser ces portes entr'ouvertes, afin de permettre aux rondes de trouver un refuge à chaque pas, dans le cas où des projectiles viendraient à éclater dans les rues. Les habitants des maisons veillent assez pour qu'il n'y ait pas à craindre que des malfaiteurs s'introduisent par ces portes ouvertes.
On a observé aussi, pendant les trois bombardements, que l'ennemi réglait souvent la direction de son tir d'après les sonneries des églises. Hier soir, lorsque la cloche de dix heures sonnait à la cathédrale, les obus sont aussitôt tombés dans ce quartier ; l'ennemi, ne pouvant se guider, sans doute à cause de l'obscurité, a observé le côté d'où partait le son, et, dirigeant ses batteries de ce côté, il était sûr de tirer en plein centre de la ville. Ne pourrait-on pas supprimer toute espèce de sonnerie, même celle des heures ?

Obus prussien conservé par un particulier
Toutes les précautions, même les plus insignifiantes, ne sont point superflues aujourd'hui. Espérons que le moment est proche où tous nous pourrons avoir des nuits plus calmes ; mais en attendant employons tous les moyens possibles pour que la population non valide, pour que les enfants et les femmes puissent goûter quelques heures de repos, dans l'assurance que ceux qui ont mission de veiller font bonne et vigilante garde.
Lettre de Gustave FISCHBACH fils
« Les habitants du quartier du quai des Pêcheurs viennent de se constituer en corps de volontaires pour le service des incendies pendant l'état de siège. L'organisation de la société est semblable à celle des sociétés qui existent déjà dans différents quartiers de la ville. Fondée hier matin, la société a fonctionné dès la nuit dernière. Le Comité invite ceux des citoyens du quartier qui n'auraient pas encore adhéré à se faire inscrire au plus tôt chez M. FRICK, brasseur de la Tête-Noire, 9, quai des Pêcheurs. Circonscription de la Société : quai des Pêcheurs, ruelle de la Carpe, rue Traversière, rue des Pêcheurs, rue du quartier Saint-Nicolas, impasse du Loup, rue Saint-Guillaume. Un corps de 20 hommes fera un service de ronde, de 9 heures du soir à 5 heures du matin. Le poste sera établi à la brasserie de la Tête-Noire ».

Les habitants des quartiers qui s'étendent de la rue de l'Esprit à la rue des Serruriers d'un côté et la rue des Tonneliers de l'autre, jusqu'au pont du Corbeau, ont formé une société de secours volontaires, constituée sur les bases de ses devancières. Fondée hier matin, la société a fonctionné dans la nuit dernière. Les personnes de ce quartier qui n'ont pas encore signé sont invitées à le faire, au local de M. OPPERMANN, agent d'assurance, rue de la Douane. La réunion générale de tous les signataires est convoquée pour demain jeudi soir, à 8 heures, à la Hache, siège de la Société.

Informations relatées pour la chronique locale. L'un des gérants du journal, Gustave FISCHBACH :

L’École impériale du service de santé militaire
En 1870, l’École impériale du service de santé militaire se trouvait à Strasbourg. Créée en 1856 sous le Second Empire, elle était implantée au cœur de la ville, précisément à l'angle des places du Château et de la Cathédrale, et fonctionnait en étroite collaboration avec la faculté de médecine de l'université strasbourgeoise.

L'année 1870 marque la fin de son existence à Strasbourg : lors de la guerre franco-allemande et du siège de la ville, l'établissement est touché par les événements (les élèves participant activement aux secours, dont plusieurs trouveront la mort). Suite à la chute de la ville et à l'annexion de l'Alsace-Lorraine, l'école est dissoute et ses activités seront recréées plus tard en intérieur (notamment à Lyon à la fin des années 1880).

Préfecture de Strasbourg
Point sur les soldats tués durant la semaine du 29 août au 5 septembre 1870, et c'est le grand carnage !
Les noms dont le lieu du décès n'est pas indiqué sont morts à l'hôpital militaire ou civil.
- AISSA Ben YAHIA : + le 29 août, soldat au 3ᵉ régiment de tirailleurs algérien. Immatriculé 3242
- ALBAN Adolphe Marius : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 35 ans, né à Marseille (Bouches-du-Rhône), habite à Entrevaux (Basses-Alpes), caporal clairon au 87ᵉ régiment de ligne
- AMBLARD Léopold Napoléon : + le 4 septembre dans l'ambulance du petit séminaire, 20 ans, né à Cerisiers (Yonne), sergent fourrier au 87ᵉ régiment de ligne
- ANTOINE Félix François : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 35 ans, né à Troyes (Aube), sergent-major au 87ᵉ régiment de ligne
- ASSEMATTE Jean : + le 5 septembre au Château Impérial, 26 ans de Saint-Amans-Valteret (Tarn), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- AUGER Joseph : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 32 ans, né à Paris, soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- BACHMANN Jacques : + le 1ᵉʳ septembre hors la porte de Saverne, 50 ans de Metz (Moselle), garde d'artillerie, chevalier de la Légion d'honneur
- BERNET Pierre : + le 5 septembre à la porte de Pierre, 26 ans de Saint-Quentin (Lot-et-Garonne) domicilié à Lougratte, soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- BES Antoine Philippe : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 26 ans, né à Alby (Tarn), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- BIRONNEAU Alain : + le 31 août, 23 ans d'Azay-sur-Thouet (Deux-Sèvres), domicilié à St-Maixent (Deux-Sèvres), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- BOICHON François : + le 29 août à la citadelle, 23 ans d'Amiens (Loire), soldat au 18ᵉ régiment de ligne
- BOUES François : + le 2 septembre, soldat de 2ᵉ classe au 21ᵉ régiment de ligne, 2ᵉ bataillon, 6ᵉ compagnie
- BOURGEOIS Xavier Emile : + le 5 septembre hors la porte de Saverne, 35 ans de Bouverans (Doubs), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- BOURJOU Pierre : + le 29 août, soldat au 96ᵉ régiment de ligne. Immatriculé 5011
- BOURTIER (prénom inconnu) : + le 2 septembre rue St-Étienne, soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- BRAUN Jacques : + le 4 septembre, domicilié à Strasbourg, soldat de la garde nationale mobile
- BRETZ Joseph : + le 29 août (1), 2 rue St-Étienne, 29 ans, né à Eguisheim, soldat au bataillon à pied
- BRUCHET Sylvain Joseph : + le 4 septembre au Château Impérial, 33 ans, né à Tressin (Pas-de-Calais), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- BRUNELIN Pierre : + le 29 août à la citadelle, 24 ans de Bully (Loire), soldat au 18ᵉ régiment de ligne
- BRUNNER Jean, soldat prussien : + le 3 septembre, sergent au 2ᵉ régiment de grenadiers de l'armée badoise, matricule n°5
- BURGARDT Ferdinand : + le 29 août à la citadelle, soldat au 20ᵉ régiment d'artillerie à cheval
- CADIAT Théophile : + le 1ᵉʳ septembre rue des Balayeurs, 26 ans de Metz (Moselle), soldat au 20ᵉ régiment d'artillerie à cheval
- CALMELS Léon : + le 30 août hors la porte de Pierre, 23 ans de Clairvaux (Aveyron), soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- CARPENTIER Placide : + le 2 septembre hors la porte des Juifs, soldat au 78ᵉ régiment de ligne, 3ᵉ bataillon, 2ᵉ compagnie
- CAUCHE Nestor Onésime : + le 4 septembre à la citadelle, 26 ans d'Agnetz (Oise), soldat au 5ᵉ régiment d'artillerie
- CHASSANG Durand : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 24 ans, né à Malbo (Cantal), domicilié à Oradour (Cantal), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- CHAUSSE Paul : + le 2 septembre à la porte de l'hôpital, 24 ans, né à Fontaine-Couverte (Mayenne), domicilié à Thourie (Ille-et-Vilaine), soldat au 50ᵉ régiment de ligne
- COMBIER François Joseph : + le 5 septembre, 20 ans, né à Saint-Thomas (Bouches-du-Rhône), élève à l'école impériale du service de santé militaire (1)
- CONTE Casimir Aristide : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 23 ans, né à Saint-Rome-de-Tarn (Aveyron), habite à Saint-Jean-de-Vidas (Hérault), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- CONVAU Pierre : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 27 ans, soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- COUTAUDRE Jean Antoine : + le 29 août à la citadelle, 24 ans de Bully (Loire), soldat au 18ᵉ régiment de ligne
- CRONGIER Louis : + le 2 septembre hors la porte nationale, 25 ans, né à Murat (Allier), habite à Le Chapeau (Allier), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- DAUVAIS Marie Victor : + le 3 septembre, 27 ans de Ferrette (Meurthe), adjudant de la garde nationale mobile
- DESPLAQUES Félix : + le 3 septembre, 45 ans, né à Saint-André-de-Bohon (Manche), habite à Puy (Haute-Marne), soldat au 19ᵉ de chasseurs à pied, époux de Laurence Rosalie Four
- DEVIS Pierre : + le 29 août à la citadelle, 24 ans de St-George-de-Barville (Loire), soldat au 18ᵉ régiment de ligne
- ESCOFFIER Alexandre Louis Philippe : + le 5 septembre dans l'ambulance du lycée, 23 ans de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise), soldat au 18ᵉ régiment de ligne
- EVRARD Auguste Florentin : + le 1ᵉʳ septembre, 24 ans, soldat au 21ᵉ régiment de ligne
- FIEVET Jacques Augustin Constant François : + le 1ᵉʳ septembre rue des Pucelles, 59 ans, né à Masny (Nord), colonel du 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier), commandeur de la Légion d'honneur, veuf de Marie Agathe Frédéric Evain (1822-1846)

Amé FIEVET, agriculteur et maire de Masny, a fondé une famille de quatre garçons avec son épouse Rose BUTRUILLE. L'aîné des garçons, Jacques, devient soutien de famille au décès de son père et il peut être dispensé des sept ans de service militaire attribués à tous les appelés. Il s'engage volontairement dans l'artillerie car son projet est de faire carrière dans l'artillerie. Sa carrière militaire de FIEVET Jacques Augustin Constant François est remarquable :
- 1ᵉʳ octobre 1834 : sous-lieutenant
- 1ᵉʳ octobre 1836 : lieutenant en second
- 27 mai 1840 : lieutenant en premier
- 17 septembre 1842 : capitaine en second
- 14 juillet 1848 : capitaine en premier
- 14 février 1854 : chef d'escadron
- 24 décembre 1858 : lieutenant-colonel
- 24 décembre 1862 : colonel
Il a été décoré successivement, Chevalier, Officier et enfin Commandeur de la Légion d'honneur. C'est lui qui a fait construire la maison de campagne en face de la gare SNCF de Montigny-en-Ostrevent, selon les plans de l'architecte Émile BOESWILLWALD. Cette construction laissée en ruine par les derniers propriétaires a été rasée en 2014. Pendant le conflit contre les Prussiens en 1870, il est le colonel du 16ᵉ Régiment de pontonniers de la ville de Strasbourg.
Le 16 août 1870, pendant une sortie hors des remparts de la ville, il sera grièvement blessé par balles alors qu'il chargeait l'ennemi. Les soins qui lui ont été prodigués, pendant les bombardements de la ville, ne sont pas parvenus à le maintenir en vie. Il décèdera brutalement le premier septembre 1870, sans avoir reçu les derniers sacrements. Il sera enterré dans le jardin botanique de la ville de Strasbourg avec les honneurs militaires, sous les bombardements prussiens. C'est son frère, Constant FIEVET, agriculteur et maire de Masny, qui ira le faire exhumer du jardin botanique de Strasbourg pour le ramener à Masny dans le caveau familial le 4 juillet 1871.
- FISCHER Jacques : + le 30 août au Château impérial, de Strasbourg, soldat au 96ᵉ régiment de ligne. Immatriculé 5257
- FLOUX Lazare : + le 5 septembre à la Finkmatt, 22 ans de Marseille (Bouches-du-Rhône), soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- FRANLY Jacques : + le 29 août au 4 rue Finkmatt, 22 ans de Vendenheim, soldat de la garde mobile
- FREYTAG (prénom non communiqué) : + le 2 septembre hors la porte des Juifs, soldat au 74ᵉ régiment de ligne, matricule 3973
- GIBELAIN Louis : + le 31 août rue St-Étienne, 27 ans de St-Sauveur de Peyre (Lozère) (St-Sauveur du Pévo), soldat au 78ᵉ régiment de ligne
- GINEST Martin : + le 2 septembre, chasseur de 1ʳᵉ classe au 8ᵉ bataillon de chasseurs à pied, matricule 830
- GIRAULT Léon Vidal : + le 3 septembre, route du Rhin, 24 ans, né à Vaux-sur-Lunain (Seine-et-Marne), soldat au 21ᵉ régiment de ligne
- GOETZ George : + le 29 août au Faubourg National, 25 ans de Damne et quatre vents (Moselle). soldat au 18ᵉ régiment de ligne
- GRESSEL (prénom non communiqué) : + le 3 septembre hors la porte de Saverne, soldat au 6ᵉ régiment de lanciers, matricule 956
- GROLEAU Arnaud : + le 2 septembre, 27 ans, né à Bordeaux (Gironde), matelot de 1ʳᵉ classe aux équipages de la flotte
- HERIDET Pierre : + le 31 août, de Strasbourg, soldat au 17ᵉ bataillon de chasseurs à pieds. Immatriculé 1732
- HOBERT Arthur : + le 4 septembre, 24 ans de Hirson (Aisne), domicilié à Vincennes (Seine), soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- HOLT Aloïse : le 2 septembre, hors le porte de Pierre, 25 ans d'Otterswiller (Bas-Rhin), soldat de la garde nationale mobile, 4ᵉ bataillon
- HUSSER Joseph : + le 29 août à la porte de Pierre, domicilié à Strasbourg, soldat au 20ᵉ régiment d'artillerie à cheval
- INCONNU : + 2 septembre, rue St-Étienne, soldat au 78ᵉ régiment de ligne
- JENCK Jacques François : + le 1ᵉʳ septembre hors la porte de Saverne, 21 ans, né à Lauterbourg (Bas-Rhin), soldat de l'artillerie de la garde nationale mobile
- KERLAM Henri : + le 28, bas la porte nationale, 27 ans, soldat au 87ᵉ régiment de ligne (dépouille récupérée le 31)
- KERN François : + le 31 août, 23 ans d'Ettendorf (Bas-Rhin), soldat au 13ᵉ régiment d'artillerie
- KOLB Jules Sigismond : + le 2 septembre à la citadelle, 22 ans, né à Paris, domicilié 27 rue des Hallebardes, maréchal des logis, fourrier de la garde nationale mobile
- KUGEL Xavier Léonard : + le 3 septembre au Château Impérial, domicilié à Strasbourg, soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- LABAHAUE Claude : + le 3 septembre au Château Impérial, 25 ans, domicilié à Montluçon (Allier), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- LACOUR Léon : + le 5 septembre, 19 ans, né à Ste-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), élève à l'école impériale du service de santé militaire
- LAFITTE Jean : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, né à Sauvetat-du-Dropt (Lot-et-Garonne), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- LAMBS Eugène Camille : + le 2 septembre à la porte de Saverne, 19 ans de Soulz-sous-Forêt, domicilié à Mutzig (Bas-Rhin), soldat au 20ᵉ régiment d'artillerie
- LATSCHA (prénom inconnu) : + le 3 septembre, 2 rue des Frères, né à Guebwiller (Haut-Rhin), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- LATUTRU Pierre + le 31 août, place du Château, soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- LAURIÈRE Bernard : + le 30 août, 46 ans de Cubjac (Dordogne), habitant à Alger, soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- LAVAL Jean André : + le 5 septembre, 25 ans de Dompnac (Ardèche), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- LE FRANC Jean-Baptiste : + le 3 septembre hors la porte de Saverne, 24 ans de Saint-Hervé (Côtes-du-Nord – aujourd'hui Côtes-d'Armor), soldat au 2ᵉ régiment de lanciers
- LEROY Jean François : + le 1ᵉʳ septembre au Château Impérial, 27 ans, né à Marville (Meuse), soldat au 9ᵉ escadron du Train d'artillerie
- LEZE Jean : + le 23 août, déclaré le 7 septembre, 22 ans de Rochechouard (Haute-Vienne), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- LONGUET Eugène : + le 3 septembre hors la porte de Saverne, 39 ans, né à Nellerepos (Nesle-la-Reposte, Marne), soldat au bataillon de chasseurs à pieds
- MAGNIN Jean Auguste : + le 31 août rue St-Étienne, 27 ans de Lagrave (Tarn), soldat au 87ᵉ de ligne
- MANSAT Gilbert : + le 2 septembre hors la porte de Pierre, 25 ans, né à Chamblet (Allier), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- MARTIN (prénom non communiqué) : + le 5 septembre hors la porte de Pierre, 23 ans de Landersheim (Bas-Rhin), domicilié à Haguenau, caporal de la 1ʳᵉ compagnie du 4ᵉ
- bataillon de la garde nationale mobile
- MARTIN Aloyse : + le 5 septembre hors la porte de Saverne, 24 ans, né à Hégeney (Bas-Rhin), habitait à Landersheim, caporal de la 1ʳᵉ compagnie, 4ᵉ bataillon de la garde nationale mobile
- MASCHINO Mathias : + le 2 septembre au quartier blanc de la Robertsau, 22 ans, né à Walschbronn (Moselle), soldat au 1ᵉʳ bataillon de chasseurs à pied
- MERVET Henri : + le 5 septembre au quartier des Juifs, 23 ans de Beauvoir (Oise), soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- METZGER Joseph : + le 28 août au quartier Sainte-Marguerite, (découvert sous les gravats), 21 ans, soldat au 18ᵉ régiment de ligne
- MEYER François Charles : + le 3 septembre hors la porte Nationale, 23 ans de Strasbourg, soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- MICHELIE Antoine : + le 31 août, rue Militaire du Bastion, 27 ans, né à Ségalas (Lot-et-Garonne), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- MONNIER Charles Frédéric : + le 30 août, 25 ans de Montbéliard (Doubs), né à St-Julien, soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- MULLER George : + le 3 septembre hors la porte de Saverne, 34 ans de Munster (Haut-Rhin), sergent au 87ᵉ régiment de ligne
- MULLER Philippe : + le 1ᵉʳ septembre, 23 ans de Strasbourg, soldat de la garde nationale mobile
- MULLER Philippe : + le 1ᵉʳ septembre, 23 ans de Strasbourg, soldat de la garde nationale mobile
- NICOLAS Edouard Marie Joseph Nicolas : + le 3 septembre, 35 ans, né à Blainville-la-Grande (Meurthe), lieutenant en premier au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- OHL Pierre : + le 2 septembre hors la porte des Juifs, 22 ans, né à Eywiller (Bas-Rhin), soldat au 75ᵉ régiment de ligne
- PEUCH Gabriel : + le 2 septembre, faubourg de Saverne, 23 ans, né à Chamboulive (Corèze), habite à Eyrein (Corèze), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- PINEL Félix : + le 4 septembre, soldat de 2ᵉ classe au 87ᵉ régiment de ligne, 3ᵉ bataillon, 2ᵉ compagnie, immatriculé 2624
- POIROT Charles : + le 31 août, faubourg de Pierre, 26 ans de Nancy (Moselle), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- POIROT Jules Alexandre : + le 2 septembre hors la porte de Pierre, soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- PROBE Germain : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 25 ans, né à Dax (Landes), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- PROVOST Victor Alexis : + le 4 septembre à la citadelle, 33 ans de Le Quesnoy (Nord), domicilié à Emmerin (Nord), soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- PUTZ Eugène : + le 3 septembre au Château Impérial, 22 ans, né à Strasbourg, soldat de la garde nationale mobile
- PYOU Auguste : + le 1ᵉʳ septembre, 2 rue des Frères, 27 ans, né à Garrevaques (Tarn), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- ROBERT Théodore : + le 31 août hors la porte de Pierre, 22 ans de Lesperon (Ardèche) domicilié à St-Ambroix (Gard) soldat au 16ᵉ régiment d'artillerie (pontonnier)
- SALLERIN (prénom non communiqué) : + le 4 septembre, caporal au 1ᵉʳ bataillon de chasseurs à pieds, 2ᵉ compagnie, matricule 1898
- SAPHARY Adolphe Ferdinand : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 28 ans, né à Paris, sergent-major au 87ᵉ régiment de ligne
- SEITER Joseph : + le 5 septembre, 22 ans de La Walck (Bas-Rhin), habitait Haguenau, soldat de la garde nationale mobile
- SENELLE Pierre : + le 31 août, rue Militaire de l'Hôpital, 27 ans de Vitrac-Saint-Vincent (Charente), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- SEYLER Bernard : + le 4 septembre au quartier Finkmatt, 21 ans, soldat au 96ᵉ régiment de ligne, matricule 5187
- STOEFFLER Victor : + le 30 août au quartier Finkmatt (enregistré le 5 septembre), 21 ans, soldat au 96ᵉ régiment de ligne, matricule 5194
- STORCK Jacques : + le 2 septembre au Château Impérial, 22 ans, né à Hohengoeft (Bas-Rhin), soldat à la garde nationale mobile
- TARDY Jean-Marie : + le 3 septembre au Château Impérial, soldat au 87ᵉ régiment de ligne, matricule 4900
- TISSANDIER Pierre : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, 25 ans, né à Champs (Cantal), soldat au 87ᵉ régiment de ligne
- TONANY Sébastien : + le 3 septembre hors la porte de Pierre, 28 ans de Maron (Meurthe-et-Moselle), soldat au 78ᵉ régiment de ligne
- VERDOUX Jean-Marie : + le 31 août rue St-Étienne, 27 ans de Pouzac (Haute-Pyrénées), soldat au 78ᵉ régiment de ligne
- VERON Victor Juvenal : + le 2 septembre à la caserne Sainte-Marguerite, 33 ans, sergent au 18ᵉ régiment de ligne. Immatriculé 1125
- WEILL Samuel : + le 31 août, soldat à la garde nationale mobile, 4ᵉ bataillon, 2ᵉ compagnie
- ZIMMERMANN : + le 2 septembre hors la porte de Saverne, soldat prussien
La suite au prochain épisode …
Sources :
- Gallica
- Illustrations manquantes par IA
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