Le tisserand

Le livret d'ouvrier est un document mis en service sous le Consulat de Napoléon le 12 avril 1803 dans le but de contrôler les horaires et les déplacements des artisans et ouvriers. Toute personne se déplaçant sans ce précieux document pouvait être considérée comme un vagabond et punie.

Le patron gardait le fameux sésame le temps de la présence de son employé et le lui rendait remis à jour à son départ. Lorsque ce dernier se rendait dans une nouvelle localité, il devait le présenter à la mairie. C'est pour cette raison que nous disposons de quelques carnets dans les archives communales. 

Mais ces carnets dévoilent plus que les employeurs. Grâce à eux nous pouvons remonter la pelote de toute une vie. Exemple.

Le livret d'ouvrier de George ROSFELDER

Sur la première page signé par le maire JORDAN en date du 6 novembre 1839 nous apprenons que George est tisserand. Agé de 19 ans, il mesure 1 mètre 65 avec des cheveux et des sourcils châtains, des yeux bruns, le front haut, un nez « bien fait », une bouche moyenne, un menton rond et le visage ovale, travaillant dans l'atelier du sieur Jean SCHNEE. George est sous ses ordres depuis deux ans. George est le fils de Jean, cordonnier et de son épouse Catherine MEYBLUM. Le métier de cordonnier ne nourrit pas bien. Pire, le père décède brusquement à 31 ans alors que George n'avait que 3 ans et voilà qu'il ne lui reste plus qu'à partir en apprentissage. Vu sa situation familiale, il ne sera même pas appelé au tirage de la conscription ; réformé d'office ! Son seul frère Jean s'engagera. Il décèdera dans l'hôpital de Metz à 31 ans.

La famille SCHNEE forment ce que l'on pourrait appeler une société multiservices. Jean est menuisier, André son frère est tisserand. A-t-il récupéré avec George le métier à tisser de son feu père ?  Ils habitent dans le haut du village, dans une maison recensée pour l'époque au n°44, puis plus-tard avec le n°47. En 1841 Jean SCHNEE est inscrit comme tonnelier. Ses fils seront tonneliers, menuisiers, tisserand, normal !

Mais revenons à notre George ROSFELDER. Le fameux carnet nous apprend beaucoup sur sa carrière professionnelle. Après environ deux ans de service chez SCHNEE, il quitte ce dernier en octobre 1839. C'est dans les Vosges que nous retrouvons notre ouvrier, à Jarménil plus précisément, dans un atelier de  tissage de calicot chez un certain Jean HESSE. Mais le mal du pays le ramène au village, il est embauché pour 5 mois en 1840 par le tisserand Antoni VOEGEL. George à la bougeotte ou alors c'est les CCD se multiplient. La même année il travaille 4 semaine chez Dagobert WERNER à Zellwiller, puis à Bergheim dans le Haut-Rhin, puis 5 mois chez le maître tisserand Jean FINCK de Gertwiller. C'est là que s'arrête son parcourt dans son carnet qui se termine par des pages blanches ... quoi que.

Bonne nouvelle ! Le tisserand George ROSSFELDER est revenu au pays. Mieux que cela, il célèbre noce le 19 janvier 1848 avec la jolie Cécile SCHROEDER. Ils auront 6 enfants, 4 filles et 2 garçons. Toute la famille participe au labeur du métier de leur père : naturellement tisserand ! Ils sont recensés au n°285 dans le bas-village. Puis, brusquement, après 1866 toute la famille disparait des registres. Mais où ont-ils bien pu passer ?

La réponse

En 1866, la mère de George, Catherine MAYBLUM, partage encore le quotidien de la famille. Après son décès, la famille vend tout et disparait ... en Amérique ! Ils ont rejoint les expatriés de Valff dans la ville de Cincinnati Hamilton dans l'Ohio. Décidément, les courriers encourageants en provenance des Etats-Unis font des émules. En 1880 George reçoit la naturalisation américaine.

Acte de naturalisation de George ROSFELDER en 1880

Leur fille, Catherine née à Valff est enterrée dans le cimetière de Cleveland dans l'Ohio. Elle aura vécu 75 ans. 

Source : archives de la commune de Valff

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